TREPONEM PAL, c’est un style de vie !

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ROCKERS’ VIBES est le nouvel album de TREPONEM PAL.  Il marque le trentième anniversaire du groupe. Malgré les années, le temps n’a pas d’emprise sur leur musique. Bien au contraire, tout est intemporel et d’une vitalité absolue.

– Entretien avec Marco Neves et Polak réalisé par Eva Galon à l’IMM

Qu’est-ce qui a le plus changé sur la scène rock underground française au cours des 3 dernières décennies ?

Marco : En 30 ans, tout a été révolutionné dans l’hexagone. J’ai participé aux premiers concerts de groupes alternatifs organisés dans des squats dont ceux de Bérurier noir et Lucrate Milk. Je viens plutôt de cette scène punk. Et c’est clair qu’en 30 ans, le rock a explosé en France de façon incroyable. Il y a des labels partout, il y a de vrais tourneurs alors qu’il n’y en avait pas, les groupes se sont organisés, ils ont leurs propres structures.  Maintenant ça reste toujours compliqué de faire des tournées sans nouvel album, notamment si on n’a pas une structure toujours derrière. Il y a 30 ans, on n’aurait jamais imaginé qu’un festival comme le Hellfest deviendrait aussi puissant. Maintenant, on a même le Download et de nombreux festivals, mais nous manquons de plus petites salles qui programment des groupes underground.

– Comment percevez-vous l’évolution de Treponem Pal ?

Polak : C’est un style de vie. Je suis arrivé sur Weird Machine donc je ne sais pas comment c’était avant mais je connaissais le passé du groupe qui était quand même un des précurseurs, c’était le précurseur de l’indus en France. Donc c’était un gros challenge pour moi de reprendre le truc et ça n’a été que du bonheur. Mais comme dit Marco tout ça c’est vraiment un style de vie.

Marco : C’est un style de vie, on s’accroche, c’est jamais facile, il faut toujours survivre aux aléas. Mais l’unité est là. J’ai toujours fait gaffe aux membres du groupe, à avoir des liens serrés et c’est le plus important. C’est moi qui tient la baraque si on peut dire, mais sans les autres, je n’existe pas. On a toujours fait attention à recruter des gens qui pouvaient comprendre l’esprit du groupe plutôt que de choisir de supers musiciens. Super musicien pour moi ça ne veut rien dire du tout. Le groupe qu’on a actuellement correspond tout à fait à Treponem Pal.

Polak : Le métal ou le rock, en France, tu ne peux pas vraiment en vivre tous les jours. Donc il y a des mecs qui n’arrivent pas à tenir et qui choisissent une autre vie, qui arrêtent la musique à un moment donné. Après c’est un choix personnel.

Marco : Voilà ! Il faut avoir la niaque, c’est de la rage tout simplement. C’est avoir la rage tout le temps, avoir quelque chose à éructer et avoir besoin de s’exprimer sur scène. La scène, c‘est le plus important, c’est clair et net.

Marco - Treponem Pal - Photo Edith Gaudy

Marco – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy

– Dans ROCKERS’ VIBES, on retrouve un certain nombre de covers, des titres que l’on pourrait croire éloignés de votre univers. Pourquoi avoir mélangé des reprises et des compositions originales pour cet album, et pourquoi ces reprises en particulier ?

Marco : Ces reprises en fait, ce sont des morceaux qui sont des classiques, et qui ne sont pas forcément dans ce qu’on appelle indus. Ce sont des standards de rock. Ma culture musicale est très très large. Reprendre par exemple Lee Hazelwood (crooner américain) me tenait à cœur. « Indian Reservation » de Don Fardon, c’est un tube que j’écoutais quand j’étais p’tit, que j’ai découvert grâce à mon père qui achetait des 45 tours. Le morceau est une vraie tuerie. Et puis « Are you Ready » de Thin Lizzy, c’est une autoroute rock’n’roll, ça nous tenait aussi à cœur de reprendre ce titre. Idem pour « Planet Claire », évidemment de Peter Gunn, qui est un monstre du rock’n’roll, avec une ambiance ténébreuse parfaite. Les morceaux qu’on a repris sont tous typés. Avec « I Need Lunch » des Dead Boys, hyper punk, on a une rage incroyable. L’album Rockers’ Vibes est un clin d’œil à tout ce qui nous a influencé, tout ce qu’on a aimé pendant 30 ans ou 40 ans.

Polak : Après faut savoir que Marco n’écoute pas que de l’indus toute la journée, il a une culture musicale de bâtard !

– À l’écoute de l’album, on imagine la dimension que pourrait prendre chacun des titres sur scène. On redécouvre notamment une version perfectionnée de « Planet Claire » (un titre que vous avez déjà interprété en live par le passé). Rockers’ Vibes a-t-il été réalisé dans l’optique de tourner ?

Marco : Oui, sur scène, on va jouer la moitié de l’album ROCKERS’ VIBES, des reprises et des nouveaux titres. Certainement « Fighter » qui ouvre l’album, « Silico’s Return » qui martèle et qui marque vraiment ce côté indus-punk qu’on a, un classique de Treponem Pal, vraiment classique. « Planet Claire », on le fera évidemment, c’est devenu un tube. Mais on joue aussi tous les classiques de Treponem Pal, « Pushing You Too Far », « Excess & Overdrive ». Ce sera un condensé de 30 ans.

Masque d'Alain Juteau de Polak - Treponem Pal - Photo Edith Gaudy

Masque d’Alain Juteau devant Polak – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy

– Quel impact a eu Treponem Pal sur vos vies ?

Marco : C’est un style de vie que j’ai depuis 1986. J’ai voulu faire ça, j’ai senti qu’il n’y avait que ça que j’aimais faire, et on a eu la chance de signer à l’époque sur Roadrunner Records, chose qu’aucun groupe n’avait eu la chance de faire avant. On était les premiers à être signés à l’étranger et à avoir une promotion à l’international. Je partais à New-York, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, pour donner des interviews. L’Europe était un vrai territoire pour nous. On a tourné pendant 10 ans, on avait un vrai public, et on a perdu tout ça quand on a signé en major. On a vendu le double de disques en France, mais on a perdu l’étranger. Ensuite, on a fait un break avec Elephant System, un side project qui a très bien marché. Et puis Treponem Pal est revenu en 2006. C’est là que Polak est arrivé. On a repris le chemin et la lignée dans laquelle on était, ça a parfaitement fonctionné.

– Avec 30 ans au compteur, ce sont les noces de perle que vous fêtez cette année ! Le secret de votre longévité ?

Marco : La rage au quotidien ! La rage au quotidien, celle d’être derrière un micro ou derrière une guitare.
Polak : Faire de la scène !
Marco : Faire de la scène et faire vibrer le public. En général les gens se rappellent des concerts qu’on fait parce qu’on envoie et on diffuse une énergie assez intense – que certains ont du mal à supporter – mais c’est notre marque de fabrique quoi.

– Quel est le rôle de Jipouille de St-Loup au sein du groupe ?

Polak : On a enregistré tout Rockers’ Vibes chez lui, dans son studio. C’était très très cool de bosser avec lui.
Marco : Jipouille fait partie du projet, il a aussi produit Survival Sounds. Je le connais depuis 30 ans. Il faisait partie de Naked Apes, un groupe influencé par Killing Joke et qui avait aussi signé sur Roadrunner un peu après nous. On a toujours eu un lien fort musicalement, on a les mêmes influences, même sur les reprises qu’on a faites et qu’il connaissait. C’est grâce à lui qu’on a pu produire cet album. Rockers’ Vibes sonne aussi puissamment parce qu’il a vraiment mis sa patte dessus à 100%. Jipouille était indispensable à la bonne réalisation de cet album.

– Un mot pour les fans ?

Marco : Keep the fire burning ! Qu’ils viennent toujours ! Qu’ils soient punks, gothiques, cyberpunks, métal, rock and roll, on a tous des esprits des plus ouverts. Toutes les tendances sont à nos concerts, et c’est ce qui nous fait plaisir. Que toutes les tendances continuent à venir nous voir et on sera les plus heureux du monde !

Consultez la time-line de Treponem Pal

L’album Rockers’ Vibes est disponible  ici

Disponible chez tous les bons disquaires dès le 29 septembre 2017

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