Juste une trace

Interpeller, alarmer, informer … les chansons servent aussi à ça !

Interpeller, alarmer, informer … les chansons servent aussi à ça !

George Lewis est incarcéré dans le Bloc C. Le juge l’a condamné à perpétuité en 1983. Sa maison : une cellule de 2,5m par 3,5m …
On a dit qu’il avait tué un épicier nommé Roman Ortez d’une balle dans la tête, pour lui dérober sa caisse. Mais on ne sait pas ce que George Lewis a fait de l’argent ni à qui sont les empreintes digitales trouvées sur le lieu du crime …

Malgré la pénombre, George Lewis a été identifié par 2 témoins alors qu’il s’enfuyait. En prison, il a appris à se battre. Il a aussi appris à ne rien voir et à ne rien entendre. Il est resté seul.

George Lewis a continué à clamer son innocence et a finalement obtenu la réouverture de son dossier puis l’analyse des empreintes trouvées sur place. Cette fois-ci, les ordinateurs ont formellement identifié un meurtrier : un autre homme déjà incarcéré pour une autre affaire.

George Lewis aura passé 18 années derrière les barreaux. Il s’est fait brisé. Il est sorti de prison un jour de novembre. Cassé, il s’est rendu compte qu’il n’arrivait même plus à aimer ses proches…

« CELLBLOCK C » est une chanson saisissante de Jack Clarck, l’écrivain chauffeur de taxi de Chicago. Elle nous interpelle, nous alarme et nous informe sur les innocents emprisonnés. George Lewis, tout comme Roman Ortez, sont des personnages inventés par Jack Clarck. Mais l’histoire n’est que pure vérité, exprimée avec des mots simples et directs. L’interprétation de Jay and The Cooks et l’ambiance sonore ne sont pas sans rappeler l’atmosphère et la couleur des Lords of The New Church, avec une petite pointe de Johnny Cash. L’auteur se demande comment peut-on rester libre si des innocents sont encore incarcérés. Et selon lui, dans chaque prison il y a des innocents. Des gens qui seront cassés à jamais. Des hommes qui ne seront plus jamais entiers. Pour dénoncer cette situation, il a confié ses paroles et sa musique à Jay and the Cooks. CELLBLOCK C est sur l’album I’M HUNGRY.

Selon une étude du National Registry of exonerations (Registre national des erreurs judiciaires), un projet conjoint de l’Université du Michigan et de l’université Northwestern (Chicago), le nombre d’erreurs judiciaires découvertes par les autorités américaines est toujours en nette augmentation. En 2015, record battu avec 149 disculpés qui ont passé en moyenne 14 ans et demi en prison. Plus de 1500 prisonniers ont été innocentés aux États-Unis au cours des 25 dernières années.
Près de 20% des personnes innocentées avaient à l’origine plaidé coupable.

Toujours selon le Registre national des erreurs judiciaires, 56 % des personnes innocentées en 2013 avaient été arrêtées et condamnées à la suite d’un faux témoignage. Les erreurs commises par des témoins oculaires sont à l’origine de 38 % des verdicts de culpabilité aux États-Unis. Dans 46 % des cas d’erreur judiciaire, c’est le travail des policiers qui est en cause même si ce n’est souvent pas le seul facteur.

Pour en savoir plus sur le National Registry of exonerations et son dernier rapport

En France, la révision de procès est une procédure rarissime. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire un très bon article de Yann Bouchez publié par Le Monde

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

CELLBLOCK C

My name is George Lewis I’m in cellblock C
the judge said natural life 1983
an 8 by 12 cell that’s been my home
you got my body not my soul

And I will never be whole again.

You said I killed the grocer named Roman Ortez
took all his money, shot him in the head
but you never explained where all that money went
and you never explained those stranger’s fingerprints

And I will never be whole again.

the state had two witnesses who identified me
as the man in black they’d seen flee
well I cursed that stain for 18 years
I cursed the god who put me here

gangsters and sadists they came for me
I learned to fight but I learned not to see
those screams in the night, I did not hear
there’s only one man in prison, there are no friends here

And I will never be whole again.

Along came new fingerprint technology
year after year the state denied my pleas
finally their own computers forced them to see
the real murderer, hell he was in cellblock

I walked out of prison on a cold November day
and I discovered that my soul had lost its way
I’d held it so close I couldn’t let go
I couldn’t love the people that meant the most

And I will never be whole again.

So you the people, you put me here
and what kind of lessons did you learn?
If there are innocent men imprisoned are you really free?
every cellblock holds someone just like me

and we can never be whole again/how about you?
and we can never be whole again/can you?
and I will never be whole again

paroles et musique : Jack Clark – Éditions AMOC

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy
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