Juste une trace

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Remontez le Mississippi

Pour ce nouvel album de Jay And the Cooks, nous remontons le Mississippi. Le répertoire permet de traverser des paysages sonores fédérateurs, variés et à fortes identités. Blues, Zydeco, Rock, Country, Folk : UP THE MISSISSIPPI nous offre un véritable panorama sur les musiques nord-américaines à la sauce de Jay And the Cooks.

Malgré les styles différents, Jay réussi à créer des liens et des passerelles entre tous les titres. Il semble réduire les distances entre les genres pour nous offrir une grande virée le long du fleuve. Comme tous les états traversés, l’album est uni dans la diversité. Avec une majorité de compositions originales, de textes sans fioritures, des histoires de société et quelques hits intemporels, Jay présente un album longuement réfléchi mais réalisé avec une grande spontanéité et de l’authenticité.

De la Louisiane aux Grands Lacs : une production musicale réalisée notamment en analogique pour le bon grain, avec des musiciens qui connaissent particulièrement bien les musiques nord-américaines pour l’authenticité, en studio mais dans des conditions proches du live pour la chaleur.

Le voyage commence en Louisiane, on y mange de l’alligator et on y chante en français. Nous finissons l’exploration proche des Grands Lacs et de la source du fleuve, dans le Minnesota natal de Bob Dylan avec une de ses protest songs.

Vous pouvez dès à présent participer au projet. L’argent collecté servira à réaliser une édition CD de l’album car même si UP THE MISSISSIPPI sera disponible en streaming, c’est tout de même sympathique d’offrir un bel objet plutôt qu’une simple écoute généralement très compressée.

Pour 15 euros, vous aurez 1 exemplaire dédicacé de l’album UP THE MISSISSIPPI (Édition Limitée CD Digipack) et les frais d’envois postaux seront inclus. D’autres possibilités de participer vous sont offertes. Pour 200 euros, par exemple, vous aurez 2 exemplaires dédicacés de l’album UP THE MISSISSIPPI + 2 invitations à un concert organisé à Paris en 2018 + 1 beau tirage (57cm x 85cm sur carton plume 10mm) de « Wall of Leland – Mississippi » la photo d’Edith Gaudy qui illustre cet article (frais d’envois postaux également inclus).

Avec UP THE MISSISSIPPI, Jay nous fait découvrir un monde où la musique est souvent au centre de tout. Il réalise une parfaite synthèse de ses influences et résume en onze titres ce que toutes les personnes qui remontent le fleuve peuvent écouter. Si vous avez déjà fait le voyage, vous revivrez obligatoirement des moments forts. Si vous ne connaissez pas encore, UP THE MISSISSIPPI est une très bonne option pour imaginer et visualiser de nombreuses scènes de vie, des quartiers, des villes et surtout des gens.

Pour participer et soutenir directement le projet, c’est ici !

Tom Waits par Treponem Pal

tom-waits-franks-wild-years-coverQui pouvait s’attendre à une reprise d’un titre de Tom Waits par Treponem Pal ? Rien que l’idée est surprenante. Pourtant, ici, les différences entre les émotions que les artistes peuvent créer ne sont pas si grandes. Comme Tom Waits, Marco Neves a une voix distincte, abrasive, corrosive et rugueuse à souhait. Comme Tom Waits sait le faire, Treponem Pal réussit à créer une ambiance théâtrale, tout aussi loufoque et proche du burlesque. L’adaptation magistralement orchestrée présente une succession de couches, de couleurs et d’influences. Tout est là ! Tom Waits ne devait pas s’attendre à une nouvelle version de « Way Down In The Hole » après celles réalisées pour le générique de la série télévisée The Wire durant cinq saisons, notamment par Steve Earle, The Blind Boys of Alabama et The Neville Brothers.

Initialement, « Way Down In The Hole » (laisse-le au fond du trou) est un blues de Tom Waits qui figure sur son album Franks Wild Years (1987). L’album, dont le sous-titre est « Un Operachi Romantico In Two Acts», est issu d’une comédie musicale de plus de 3 heures présentée à Chicago l’année précédente.

tom-waits-4La composition est dépouillée, un authentique Blues. Vous savez ! La musique du diable ! Robert Johnson n’est évidemment pas loin. Du reste, il est fort probable que Tom Waits se soit directement inspiré de la légende pour écrire les paroles de Way Down in The Hole. Souvenez-vous ! Robert Johnson a bien croisé le diable à Clarksdale… Nous sommes dans la tradition et la mort mystérieuse de Robert Johnson, comme par hasard à 27 ans, est dans tous les esprits. Tom Waits nous conseille de surveiller nos arrières, de rester dans le droit chemin, de ne pas céder à la tentation, de laisser le diable au fond du trou…

Treponem Pal nous livre un cover inattendu, saisissant et fidèle à l’univers de Tom Waits. Marco Nevès prêche dans une ambiance mi-blues, mi-tango, décalée, lourde et comme toujours, envoûtante. Les guitares sont évocatrices et précises. Le métal n’est jamais loin mais le blues apparaît finalement comme limpide. Les genres se superposent et s’assemblent pour former un tout de cuir et de velours.

Way Down in The Hole par Treponem Pal est sur l’album Rockers’ Vibes : disponible  ici
Marco Neves - Treponem Pal - photo Edith Gaudy
Marco Neves – Treponem Pal – photo Edith Gaudy
Crossroads – Clarksdale – photo Edith Gaudy

Indian Reservation par Treponem Pal

Indian Reservation est une chanson de John D. Loudermilk. Basé à Nashville, il a notamment composé indian-reservation_don-fardonpour Chet Atkins, Johnny Cash et The Everly Brothers. Indian Reservation a été enregistré pour la première fois en 1959 par le chanteur country Marvin Rainwater. Mais il faudra attendre la version de Don Fardon pour que la chanson se hisse en 1968 dans le Billboard Hot 100. En 1971, elle revient dans ce même top mais avec une nouvelle version par The Raiders (Paul Revere & The Raiders). Pas toujours avec le titre et le texte d’origine, d’autres versions suivront notamment celle du groupe punk 999 en 1981 ou celle de Laibach en 1994.

Indian Reservation fait référence à la déportation d’amérindiens, ceux des Cinq tribus «civilisées» : les Cherokees, les Séminoles, les Creeks, les Choctaws et les Chickasaws, notamment entre 1831 et 1838.  Certains ont dû parcourir des milliers de kilomètres à pieds, nombre d’entre eux sont morts sur la route, sur «La Piste des Larmes» (Trail of Tears), contraints d’abandonner leurs terres aux colons. John D. Loudermilk a été remercié et récompensé par la Nation Cherokee pour avoir traité cet épineux sujet, pour son devoir de mémoire et pour avoir fortement réussi à médiatiser cette sombre page de l’histoire.

En allant au Pow Wow - photo Edith Gaudy
Pow Wow – photo Edith Gaudy

Indian Reservation est une chanson engagée. Mais selon les interprètes et les versions, elle finit soit par souligner le remplacement des tipis par des maisons en briques, soit par des mots d’espoir qui prédisent le retour de la Nation Cherokee sur ses terres. C’est cette dernière vision que Treponem Pal a choisi.

Indian Reservation (version de Don Fardon) et Treponem Pal (plus particulièrement Marco), c’est une longue histoire. C’est un tube qu’il écoutait quand il était petit (car il l’a été). Il a découvert la chanson grâce à son père qui achetait des 45 tours. Quarante ans après (en 2011), il avait enregistré une version metal-indus avec Trepenom Pal (mais cette version reste inédite). Elle devait même initialement figurer dans l’album Survival Sounds. Puis nous avions décidé ensemble de n’y mettre que des compositions originales. Alors quelques années après, pour Rockers’ Vibes, Treponem Pal est retourné au studio de Jipouille de St-Loup et s’est fait plaisir sur une oeuvre résolument intemporelle et envoûtante.

L’album Rockers’ Vibes est disponible  ici
Marco – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy
Marco – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy

Rencontre avec Allan Hurd

TDAH vol.1 est le tout premier album de l’Auteur-Compositeur-Interprète montréalais Allan Hurd. Son album vient tout juste de franchir l’océan et c’est l’occasion d’avoir une sympathique conversation avec lui.

– Entretien avec Allan Hurd réalisé par Prescilya Rubion à l’IMM


– Quel est ton concept ?

Le thème central du concept, c’est le temps, le temps qui passe. TDAH est un triptyque, c’est une journée décortiquée en 3 temps, un peu comme le travail à l’usine, où il y a le chef de jour, le chef de soir et le chef de nuit. TDAH vol.1 est l’album de jour.
J’avais une vingtaine de chansons en chantier et parmi celles-là, j’en ai sélectionné 8 qui semblaient plus être des thèmes ensoleillés, ou tout du moins, des thèmes diurnes. C’est un album qui est assez introspectif, je parle des relations, de l’amitié, de la société. Ce sont les sujets qui m’inspirent.
Il y a un fil conducteur et pour l’unité, on y retrouve 3 pièces instrumentales, une variation sur un thème fort et des sonorités particulières. J’ai travaillé le tout avec Steve Cordeau qui passe ses journées à faire des bruitages et des ambiances sonores pour des productions audiovisuelles. Steve a grandement contribué à la réalisation de l’album notamment pour créer des paysages sonores et donner de la texture.

– Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as entendu ton album entièrement finalisé ?

C’est assez compliqué de répondre à cette question car je l’ai produit moi-même : j’ai vraiment vu chaque étape de la conception. Ça m’a prit un certain temps pour avoir du recul puis de me dire que ça y est, cet album est dans l’univers.
C’est un sentiment d’accomplissement malgré les incertitudes. Mais c’est cool et ça nous force à assumer les choix qu’on fait parce qu’une fois qu’on a placé l’arrangement, que c’est envoyé et que cette entité là existe, elle est diffusée dans toutes sortes de médias, puis c’est ce que les gens vont entendre. C’est l’idée qu’ils vont se faire de ma musique. À partir de là, ils viendront me voir en spectacle et je ferai des interprétations différentes. C’est un sentiment un peu bancal de fierté, de réflexion et ça donne hâte au prochain tour de piste.

Je travaille déjà sur le second volet, « TDAH vol.2 ». Dans le premier, TDAH signifiait « Tryptique d’Allan Hurd » et pour le prochain, cela signifiera « Treize Dactylo À l’Heure », parce j’aime beaucoup la dactylo.
Luc De Larochellière travaille avec moi sur les textes. J’ai déjà une quinzaine de chansons en chantier et je suis en train de commencer la pré-production. J’aimerais, si possible, le sortir à l’automne 2018.

– Est-ce que tu connais la France ?

Je suis allé à Paris 3 fois. J’ai voyagé de haut en bas. Je suis également allé au Festival de Cannes pour un court métrage sur lequel j’avais fait la musique. Il y a aussi des enjeux politiques en Europe qui nous concernent, qui ont un impact sur nous. C’est un peu ça aussi que je connais de la France, un peu de politique. Et en musique, évidemment, on a nos monuments (Français) au Québec : Brassens, Ferré …
J’aime bien Bénabar, j’aime bien ses textes, la légèreté de sa musique. Il y en a d’autres, mais j’aurais du mal à les citer. On a beaucoup de français qui sont venus habiter au Québec depuis quelques années, dont une chanteuse qui s’appelle Gaële, qui est absolument magnifique, qui est méconnue du public mais qui écrit des chansons extraordinaires pour elle et pour les autres… et puis j’habite sur le plateau Mont-Royal, c’est un peu la Nouvelle France.

– Quel est ton lien avec la France ?

La langue, d’abord et avant tout. J’ai récemment appris que mon nom de famille, HURD, est d’origine bretonne. Au départ, c’était L’HEARDE. Une partie de ma famille a immigré en Angleterre et les Anglais ne sont pas très friands des apostrophes et de «e» à la fin des mots. C’est donc devenu HEARD et quand cette branche là est arrivée au Canada, j’ai un ancêtre qui se faisait appeler HEERD et ce «ee» a été changé par un «u», ce qui a donné HURD. Donc c’est aussi un de mes liens avec la France.

– En français ou en anglais ?

Je viens d’une famille bilingue. Une partie de ma famille parle anglais, l’autre français.
Pour écrire mes textes, j’ai privilégié le français. On entend beaucoup plus de chansons anglophones que de chansons francophones, alors j’ai opté pour le changement. Ensuite, j’aime beaucoup la littérature. Mais le coté littéraire et poésie française m’attire plus. « Coté écriture », je trouve ça plus joli.

– Est-ce que tu as déjà entendu parler des salles de concerts ou de festivals en France ?

Au Québec, on entend parler des salles de spectacles par nos confrères qui sont allés là-bas, on entend souvent parler de l’Olympia mais c’est la seule salle que je suis vraiment capable de nommer. J’ai très vaguement entendu parlé de La Nouvelle Scène et des Trois Baudets, mais c’est tout.
Tout ce qui concerne le territoire français, c’est vraiment tout nouveau pour moi.

J’aimerais beaucoup faire un saut de l’autre côté de l’océan ! Pour tout te dire, cela ne m’avait pas vraiment traversé l’esprit jusqu’à ce que Juste Une Trace m’approche. Depuis, ça me trotte de plus en plus dans la tête, aller faire une tournée là-bas. J’ai commencé à mettre mon agent dans le coup.

– Et sur scène au Québec ?

J’ai fais une trentaine de spectacles en 2017, dans de petites salles comme Le Petit Bar et des Maisons de la Culture.
J’ai joué dans un festival Country. Mon style n’est pas très Country, mais j’ai longtemps fait des reprises donc je m’en suis servi et puis j’ai joué mes compositions personnelles réarrangées l’occasion, je me suis mis un chapeau de cow-boy et j’ai fais le show comme ça.
Au printemps dernier, j’ai aussi été ambassadeur du festival de Dégelis : j’ai joué dans des écoles, des bistrots, des micro-brasseries, un peu partout, des fois 4 spectacles par jour : intense mais vraiment très cool.
J’ai la chance de pouvoir rejouer bientôt à la Place des Arts. J’aime la salle Claude Léveillée, c’est l’une des plus jolies salles de la place. C’est une petite salle où j’ai présenté TDAH vol.1. Elle était pleine et c’était vraiment très bien.

Pour mieux connaître Allan Hurd

Pour commander et recevoir l’album TDAH Vol.1

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Some Velvet Morning par Treponem Pal

Some Velvet Morning est un morceau de pop, un brin psychédélique, écrit et composé par Lee Hazlewood. À l’origine, le titre est interprété par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Il est tiré de l’album et de la série télévisée Movin’ With Nancy (1967).

Lee Hazlewood et Nancy Sinatra n’en sont pas à leur première collaboration et sont même à l’origine d’un autre classique de la pop américaine : « These Boots Are Made For Walkin » (1966). On les appelait alors souvent « the Beauty and the Beast ».

Il existe une multitude de reprises de « Some Velvet Morning », notamment par Vanilla Fudge ou encore l’étonnante collaboration Primal Scream et Kate Moss. La version de Treponem Pal est tout aussi singulière. Béatrice Demi Mondaine prend la place de Nancy Sinatra et Marco Neves, en mode crooner, prend celle de Lee Hazlewood. Le duo improbable revisite la composition sous un nouvel angle. La Belle et la Bête sont réunis.

Beatrice Demi Mondaine – Photo Betty Klik

Dans les couplets, l’homme, dans un état vraisemblablement second, évoque Phèdre. La deuxième femme de Thésée, dans la mythologie grecque, tombe amoureuse de son beau-fils Hippolyte… Mais comme il la repousse, Phèdre provoque indirectement sa mort. Contradictions, mensonges, amour, influences, regrets, peur, paradoxes, infanticide … c’est du tragique. Peut-être sous l’effet de certaines substances, les paroles de Lee Hazlewood sont légèrement confuses. Il a quelque chose en tête mais ne l’exprime pas clairement. Il semble résigné.

Dans les refrains, la femme prend la parole. Elle évoque ce qu’une femme penserait. Autoritaire, elle change le rythme, se laisse désirer puis prend ses distances froidement. Elle se nomme Phèdre.
Le sens des paroles est énigmatique et de nombreuses interprétations restent possibles : simple évocation mythologique ? Sous-entendus d’ordre sexuels ? Révélation sur une supposée relation entre les deux interprètes ? Résultat d’un trip ? Nous n’en saurons pas plus.

Lee Hazlewood et Nancy Sinatra sèment volontairement le doute et laissent tout envisager. Du reste, l’oeuvre pourrait même comporter 2 chansons distinctes, 2 personnes différentes qui se rencontrent mais qui restent sur leur position, dans leur bulle. Et la structure musicale de la composition accentue cette ambiguïté : du 4/4 pour le couplet et du 3/4 pour le refrain… sans parler d’une instrumentation différente pour accompagner l’un et l’autre.

Malgré toute cette complexité, Some Velvet Morning est un Hit ! Presque 40 années après sa création, il a même été classé en tête de la liste des 50 meilleurs duos de tous les temps par The Daily Telegraph (2003).

L’album Rockers’ Vibes est disponible  ici
Marco Neves – Treponem Pal – photo Edith Gaudy

TREPONEM PAL, c’est un style de vie !

ROCKERS’ VIBES est le nouvel album de TREPONEM PAL.  Il marque le trentième anniversaire du groupe. Malgré les années, le temps n’a pas d’emprise sur leur musique. Bien au contraire, tout est intemporel et d’une vitalité absolue.

– Entretien avec Marco Neves et Polak réalisé par Eva Galon à l’IMM

– Qu’est-ce qui a le plus changé sur la scène rock underground française au cours des 3 dernières décennies ?

Marco : En 30 ans, tout a été révolutionné dans l’hexagone. J’ai participé aux premiers concerts de groupes alternatifs organisés dans des squats dont ceux de Bérurier noir et Lucrate Milk. Je viens plutôt de cette scène punk. Et c’est clair qu’en 30 ans, le rock a explosé en France de façon incroyable. Il y a des labels partout, il y a de vrais tourneurs alors qu’il n’y en avait pas, les groupes se sont organisés, ils ont leurs propres structures.  Maintenant ça reste toujours compliqué de faire des tournées sans nouvel album, notamment si on n’a pas une structure toujours derrière. Il y a 30 ans, on n’aurait jamais imaginé qu’un festival comme le Hellfest deviendrait aussi puissant. Maintenant, on a même le Download et de nombreux festivals, mais nous manquons de plus petites salles qui programment des groupes underground.

– Comment percevez-vous l’évolution de Treponem Pal ?

Polak : C’est un style de vie. Je suis arrivé sur Weird Machine donc je ne sais pas comment c’était avant mais je connaissais le passé du groupe qui était quand même un des précurseurs, c’était le précurseur de l’indus en France. Donc c’était un gros challenge pour moi de reprendre le truc et ça n’a été que du bonheur. Mais comme dit Marco tout ça c’est vraiment un style de vie.

Marco : C’est un style de vie, on s’accroche, c’est jamais facile, il faut toujours survivre aux aléas. Mais l’unité est là. J’ai toujours fait gaffe aux membres du groupe, à avoir des liens serrés et c’est le plus important. C’est moi qui tient la baraque si on peut dire, mais sans les autres, je n’existe pas. On a toujours fait attention à recruter des gens qui pouvaient comprendre l’esprit du groupe plutôt que de choisir de supers musiciens. Super musicien pour moi ça ne veut rien dire du tout. Le groupe qu’on a actuellement correspond tout à fait à Treponem Pal.

Polak : Le métal ou le rock, en France, tu ne peux pas vraiment en vivre tous les jours. Donc il y a des mecs qui n’arrivent pas à tenir et qui choisissent une autre vie, qui arrêtent la musique à un moment donné. Après c’est un choix personnel.

Marco : Voilà ! Il faut avoir la niaque, c’est de la rage tout simplement. C’est avoir la rage tout le temps, avoir quelque chose à éructer et avoir besoin de s’exprimer sur scène. La scène, c‘est le plus important, c’est clair et net.

Marco Neves – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy

– Dans ROCKERS’ VIBES, on retrouve un certain nombre de covers, des titres que l’on pourrait croire éloignés de votre univers. Pourquoi avoir mélangé des reprises et des compositions originales pour cet album, et pourquoi ces reprises en particulier ?

Marco : Ces reprises en fait, ce sont des morceaux qui sont des classiques, et qui ne sont pas forcément dans ce qu’on appelle indus. Ce sont des standards de rock. Ma culture musicale est très très large. Reprendre par exemple Lee Hazelwood (crooner américain) me tenait à cœur. « Indian Reservation » de Don Fardon, c’est un tube que j’écoutais quand j’étais p’tit, que j’ai découvert grâce à mon père qui achetait des 45 tours. Le morceau est une vraie tuerie. Et puis « Are you Ready » de Thin Lizzy, c’est une autoroute rock’n’roll, ça nous tenait aussi à cœur de reprendre ce titre. Idem pour « Planet Claire », évidemment de Peter Gunn, qui est un monstre du rock’n’roll, avec une ambiance ténébreuse parfaite. Les morceaux qu’on a repris sont tous typés. Avec « I Need Lunch » des Dead Boys, hyper punk, on a une rage incroyable. L’album Rockers’ Vibes est un clin d’œil à tout ce qui nous a influencé, tout ce qu’on a aimé pendant 30 ans ou 40 ans.

Polak : Après faut savoir que Marco n’écoute pas que de l’indus toute la journée, il a une culture musicale de bâtard !

– À l’écoute de l’album, on imagine la dimension que pourrait prendre chacun des titres sur scène. On redécouvre notamment une version perfectionnée de « Planet Claire » (un titre que vous avez déjà interprété en live par le passé). Rockers’ Vibes a-t-il été réalisé dans l’optique de tourner ?

Marco : Oui, sur scène, on va jouer la moitié de l’album ROCKERS’ VIBES, des reprises et des nouveaux titres. Certainement « Fighter » qui ouvre l’album, « Silico’s Return » qui martèle et qui marque vraiment ce côté indus-punk qu’on a, un classique de Treponem Pal, vraiment classique. « Planet Claire », on le fera évidemment, c’est devenu un tube. Mais on joue aussi tous les classiques de Treponem Pal, « Pushing You Too Far », « Excess & Overdrive ». Ce sera un condensé de 30 ans.

– Quel impact a eu Treponem Pal sur vos vies ?

Marco : C’est un style de vie que j’ai depuis 1986. J’ai voulu faire ça, j’ai senti qu’il n’y avait que ça que j’aimais faire, et on a eu la chance de signer à l’époque sur Roadrunner Records, chose qu’aucun groupe n’avait eu la chance de faire avant. On était les premiers à être signés à l’étranger et à avoir une promotion à l’international. Je partais à New-York, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, pour donner des interviews. L’Europe était un vrai territoire pour nous. On a tourné pendant 10 ans, on avait un vrai public, et on a perdu tout ça quand on a signé en major. On a vendu le double de disques en France, mais on a perdu l’étranger. Ensuite, on a fait un break avec Elephant System, un side project qui a très bien marché. Et puis Treponem Pal est revenu en 2006. C’est là que Polak est arrivé. On a repris le chemin et la lignée dans laquelle on était, ça a parfaitement fonctionné.

– Avec 30 ans au compteur, ce sont les noces de perle que vous fêtez cette année ! Le secret de votre longévité ?

Marco : La rage au quotidien ! La rage au quotidien, celle d’être derrière un micro ou derrière une guitare.
Polak : Faire de la scène !
Marco : Faire de la scène et faire vibrer le public. En général les gens se rappellent des concerts qu’on fait parce qu’on envoie et on diffuse une énergie assez intense – que certains ont du mal à supporter – mais c’est notre marque de fabrique quoi.

– Quel est le rôle de Jipouille de St-Loup au sein du groupe ?

Polak : On a enregistré tout Rockers’ Vibes chez lui, dans son studio. C’était très très cool de bosser avec lui.
Marco : Jipouille fait partie du projet, il a aussi produit Survival Sounds. Je le connais depuis 30 ans. Il faisait partie de Naked Apes, un groupe influencé par Killing Joke et qui avait aussi signé sur Roadrunner un peu après nous. On a toujours eu un lien fort musicalement, on a les mêmes influences, même sur les reprises qu’on a faites et qu’il connaissait. C’est grâce à lui qu’on a pu produire cet album. Rockers’ Vibes sonne aussi puissamment parce qu’il a vraiment mis sa patte dessus à 100%. Jipouille était indispensable à la bonne réalisation de cet album.

– Un mot pour les fans ?

Marco : Keep the fire burning ! Qu’ils viennent toujours ! Qu’ils soient punks, gothiques, cyberpunks, métal, rock and roll, on a tous des esprits des plus ouverts. Toutes les tendances sont à nos concerts, et c’est ce qui nous fait plaisir. Que toutes les tendances continuent à venir nous voir et on sera les plus heureux du monde !

Consultez la time-line de Treponem Pal

L’album Rockers’ Vibes est disponible  ici

Disponible chez tous les bons disquaires dès le 29 septembre 2017

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