
Après l’autocar dans Night Bus et Second Trip, le train dans Trên Dydd et Gwawr, puis le vaisseau spatial dans Spacecraft, Gary Brunton s’envole cette fois-ci en avion pour New York afin d’enregistrer dans un studio légendaire.
Le point culminant de ce voyage se déroule à Englewood Cliffs, dans le New Jersey. C’est sous le toit légendaire du studio Van Gelder que le trio avec Jeremy Manasia (piano) et Charles Goold (batterie) a choisi d’enregistrer un répertoire original.
Pénétrer dans le studio RVG, c’est comme marcher sur les traces de Coltrane et de Miles Davis. Sous la direction de Maureen Sickler, héritière du son Van Gelder, et grâce à l’expertise de l’ingénieur Katsuhiko Naito, Gary Brunton a recherché une clarté organique et une profondeur acoustique rare.
Sortie le 20 novembre 2026 – EN PRÉVENTE DÈS MAINTENANT – LIVRAISON EN AVANT-PREMIÈRE (expédition mi-octobre)

Gary Brunton en trio à New York pour un nouvel album enregistré dans un studio mythique.
Le contrebassiste et compositeur Gary Brunton annonce la sortie de son nouvel album intitulé Flying Over New York. Pour ce projet, il s’entoure de deux talents majeurs de la scène jazz américaine actuelle, le pianiste Jeremy Manasia et le batteur Charles Goold. Ensemble, le trio livre une œuvre d’une grande maturité narrative, guidée par la direction artistique subtile et exigeante de Clovis Nicolas.
Une odyssée musicale au fil des transports et du temps
Depuis plusieurs années, Gary Brunton construit une œuvre singulière en créant une série de compositions jazz inspirées par divers moyens de transport. Le public a pu le suivre en autocar dans ses albums Night Bus et Second Trip, puis en train avec Trên Dydd et Gwawr, et enfin à bord d’un vaisseau spatial avec l’album Spacecraft. Cette fois-ci, le musicien s’envole en avion pour New York, marquant une nouvelle étape conceptuelle dans sa discographie.
Le point culminant de ce grand voyage se déroule à Englewood Cliffs, dans l’État du New Jersey. C’est sous le toit légendaire du studio Van Gelder (RVG) que le trio a choisi d’enregistrer ce répertoire original. Pénétrer dans ce temple sacré du jazz, c’est marcher directement sur les traces de géants universels tels que John Coltrane et Miles Davis. Sous la direction de la technicienne Maureen Sickler, véritable héritière du son Van Gelder, et grâce à l’expertise fine de l’ingénieur Katsuhiko Naito, Gary Brunton a recherché et capturé une clarté organique ainsi qu’une profondeur acoustique rare.
À travers les onze titres : récits de création et fantômes bienveillants
Chaque composition dévoile des histoires personnelles, des amitiés au long cours et des hommages vibrants aux figures tutélaires du jazz.
Le disque s’ouvre sur Retrouvailles in Central Park, une composition initialement créée en 2021 et enregistrée sur l’album Second Trip aux côtés de Bojan Z et Simon Goubert. Gary Brunton a rencontré le pianiste Jeremy Manasia pour la première fois à New York en 1992. Durant l’été 1993, ce dernier est venu lui rendre visite à Paris pour passer deux semaines à jouer et à écumer les jam sessions parisiennes. En avril 2026, soit exactement 33 ans plus tard, les deux amis se sont retrouvés à New York et ont adapté cette pièce dans une métrique en 7/4 spécialement pour l’occasion.
Vient ensuite Diggin Dolphy, un titre né d’un souvenir d’enfance marquant vers 1984 à Burnley. Devant le poste de télévision familial avec son père, Gary Brunton découvre le saxophone alto d’Eric Dolphy lors d’une soirée jazz sur la BBC. D’abord dérangé par les improvisations atonales de Dolphy, le contrebassiste a appris à en savourer l’audace et l’énergie au fil des années. Eric Dolphy ayant enregistré plusieurs albums cultes dans ce studio du New Jersey, notamment Out to Lunch en 1964, Brunton a conçu cette mélodie grâce au chant, en improvisant librement dans son esprit. Le cadre de l’improvisation de piano s’articule autour d’un blues en Ré bémol tandis que le solo de contrebasse se déroule sans aucune restriction d’harmonie.
Le morceau Rising Damp figurait sur l’album précédent en quintet, Spacecraft. Il s’agit d’une dédicace chaleureuse au grand bassiste et contrebassiste Steve Swallow. Lors d’un concert du Carla Bley Big Band à Paris en 2003, Gary Brunton avait pu remettre un exemplaire de son tout premier album, French Cricket, à Steve Swallow. Un mois plus tard, ce dernier lui envoyait un retour particulièrement chaleureux et encourageant. Ce morceau s’inspire directement de son univers, et plus particulièrement de la célèbre composition Falling Grace, sur laquelle Brunton a superposé une mélodie entièrement nouvelle.
Did He Eckers Like emprunte son titre à une expression typique du nord de l’Angleterre qui signifie « Bien sûr que non ». Le compositeur s’est lancé le défi d’écrire une pièce dans la tonalité de Si bémol majeur sur un tempo particulièrement vif. Il a demandé au batteur Charles Goold d’improviser une introduction pour installer ce tempo rapide. Après l’exposition du thème, les improvisations se déploient sur la structure classique d’une forme AABA correspondant aux accords de l’Anatole.
L’histoire derrière My Piano Joy remonte à l’année 1990. C’est après avoir joué une série de concerts avec une chanteuse de variété à Paris que Gary Brunton a pu s’offrir son tout premier piano droit. Cet instrument l’a suivi durant cinq déménagements et a vu naître une centaine de pièces. Au début de l’année 2026, le musicien a eu l’opportunité d’acheter un nouveau piano d’une catégorie supérieure. C’est en pianotant pour la première fois sur cet instrument neuf qu’il a composé My Piano Joy, une mélodie simple portée par la beauté pure du son.
Million Dollar Ears puise ses racines dans une commande de 2011 pour le grand orchestre Pee Bee, où Brunton avait écrit une suite dédiée à Charles Mingus. Une version en trio de Mingus’ House avait été enregistrée en 2021 avec Bojan Z et Simon Goubert. L’histoire se lie également à la chanteuse américaine Sheila Jordan, avec qui Brunton a partagé la scène en 2004 et en 2017. Sheila Jordan était une amie proche de Mingus et de Charlie Parker, et c’est Parker lui-même qui lui avait lancé la formule historique : « Ah, c’est toi qui as les oreilles qui valent un million de dollars ». Sheila Jordan avait enregistré son tout premier album dans le studio de Rudy Van Gelder en 1962 avec Steve Swallow à la contrebasse. Gary Brunton avait l’intention de l’inviter sur ce nouvel enregistrement, mais la chanteuse s’est malheureusement éteinte en août 2025 à l’âge de 96 ans. Pour lui rendre hommage et célébrer sa vie majestueuse, la ballade initiale a été transformée en une sorte de samba festive.
Le titre Tommy and George fait référence au pianiste Tommy Flanagan et au contrebassiste George Mraz. Étudiant au Pays de Galles en 1986, Gary Brunton écoute une cassette de l’enregistrement Eclypso et reçoit un véritable choc musical en entendant le jeu de George Mraz. Il le verra en concert en 1989 à Paris, puis en 1992 à New York au club Sweet Basil au sein du trio de Tommy Flanagan. L’album Jazz Poet de Tommy Flanagan ayant été enregistré dans ce même studio par Rudy Van Gelder en 1989, Brunton cherche ici, avec Jeremy Manasia et Charles Goold, à retrouver la complicité unique qui unissait ces deux musiciens disparus.
L’album propose également une relecture personnelle du standard Autumn in New York de Vernon Duke, magnifiée par l’approche du trio.
Good Shalt Prevail est une valse qui a été composée en 2022 et que l’on retrouvait sur l’album en quartet de 2023, Trên Dydd, avec le saxophoniste français François Jeanneau. À travers cette mélodie, le compositeur cherche à envoyer un message profondément positif. Face aux différentes guerres, aux injustices, aux destructions et aux souffrances qui touchent le monde, Gary Brunton exprime la certitude intime qu’un jour la paix sera retrouvée et que le bien finira par l’emporter.
Le morceau Henry Grimes salue un autre immense contrebassiste qui a enregistré à de multiples reprises au studio Van Gelder dans les années soixante, notamment aux côtés de McCoy Tyner et de Roy Haynes. Après une courte introduction libre de contrebasse solo et un thème joué rubato, le trio se dirige vers un blues en Mi bémol. C’est un clin d’œil historique direct puisque c’est également dans ce studio que John Coltrane a gravé son célèbre blues en Mi bémol, Bessie’s Blues, en 1964 sur l’album Crescent. Gary Brunton a voulu célébrer ici toutes les qualités d’un musicien complet doté d’un son puissant, d’un tempo d’acier et d’une maîtrise totale de l’archet.
Enfin, l’album se clôt sur Wednesday Night Bebop in Accrington, un thème rapide et intense ancré dans l’esprit du Hard Bop et du swing torride, offrant un terrain d’expression idéal à Jeremy Manasia sur une grille modale. Le titre trouve son origine avec beaucoup d’humour dans la ville d’Accrington, située dans le nord-ouest de l’Angleterre. Le morceau s’inspire de l’univers du pianiste Herbie Hancock, et plus particulièrement de l’album Speak like a child, enregistré dans ce studio le 9 mars 1968, le jour de la naissance de Gary Brunton. C’est l’histoire ironique d’un bassiste de la ville de Burnley qui se vantait partout de jouer du bebop exigeant tous les mercredis soirs dans un club de la ville voisine d’Accrington, alors qu’il s’avérait incapable de faire tourner un morceau de swing.
En mêlant l’exigence du jazz new-yorkais à la poésie de ses récits personnels, Gary Brunton livre avec Flying Over New York un album à la fois virtuose, habité et profondément humain. Porté par la complicité immédiate d’un trio d’exception, cet enregistrement s’impose déjà comme une étape majeure et chaleureuse dans la discographie du contrebassiste.
Retrouvailles in Central Park
Diggin Dolphy
Rising Damp
Did He Eckers Like
My Piano Joy
Million Dollar Ears
Tommy and George
Autumn in New York
Good Shalt Prevail
Henry Grimes
Wednesday Night Bebop in Accrington
Toutes les compositions sont de Gary Brunton
Éditions Amoc
À l’exception de « Autumn in New York » par Vernon Duke (Warner Chappell Music Corp)
Gary Brunton (contrebasse)
Jeremy Manasia (piano)
Charles Goold (batterie)
Produit par Jazz En Face
Conseiller artistique – Clovis Nicolas
Enregistré par Maureen Sickler au studio Van Gelder (RVG)
Mixage et mastering par Katsuhiko Naito
Enregistrement et mastering supplémentaires par Yohan Progler au Green Home Studio
Photographies par Mariana Meraz et Clovis Nicolas
Design graphique par Corinne Garino
Licence Juste Une Trace
Avec le soutien de : SCPP | SACEM
Date de sortie : 20-11-2026


