“C’est envoûtant, inattendu et bougrement bien ficelé. On en redemande !” – Rockmadeinfrance.com
“Une spontanéité évidente, une inspiration en béton, voilà qui hissent notre ami au niveau des plus grands bluesmen hexagonaux.Voilà une très bonne raison d’écouter cet album et de ne pas le lâcher. C’est un petit bijou qu’il ne faut pas rater.” – Shootingidols.blogspot.com
Le thème central du concept, c’est le temps, le temps qui passe. TDAH est un triptyque, c’est une journée décortiquée en 3 temps, un peu comme le travail à l’usine, où il y a le chef de jour, le chef de soir et le chef de nuit. TDAH vol.1 est l’album de jour. J’avais une vingtaine de chansons en chantier et parmi celles-là, j’en ai sélectionné 8 qui semblaient plus être des thèmes ensoleillés, ou tout du moins, des thèmes diurnes. C’est un album qui est assez introspectif, je parle des relations, de l’amitié, de la société. Ce sont les sujets qui m’inspirent. Il y a un fil conducteur et pour l’unité, on y retrouve 3 pièces instrumentales, une variation sur un thème fort et des sonorités particulières. J’ai travaillé le tout avec Steve Cordeau qui passe ses journées à faire des bruitages et des ambiances sonores pour des productions audiovisuelles. Steve a grandement contribué à la réalisation de l’album notamment pour créer des paysages sonores et donner de la texture.
– Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as entendu ton album entièrement finalisé ?
C’est assez compliqué de répondre à cette question car je l’ai produit moi-même : j’ai vraiment vu chaque étape de la conception. Ça m’a prit un certain temps pour avoir du recul puis de me dire que ça y est, cet album est dans l’univers. C’est un sentiment d’accomplissement malgré les incertitudes. Mais c’est cool et ça nous force à assumer les choix qu’on fait parce qu’une fois qu’on a placé l’arrangement, que c’est envoyé et que cette entité là existe, elle est diffusée dans toutes sortes de médias, puis c’est ce que les gens vont entendre. C’est l’idée qu’ils vont se faire de ma musique. À partir de là, ils viendront me voir en spectacle et je ferai des interprétations différentes. C’est un sentiment un peu bancal de fierté, de réflexion et ça donne hâte au prochain tour de piste.
Je travaille déjà sur le second volet, « TDAH vol.2 ». Dans le premier, TDAH signifiait « Tryptique d’Allan Hurd » et pour le prochain, cela signifiera « Treize Dactylo À l’Heure », parce j’aime beaucoup la dactylo. Luc De Larochellière travaille avec moi sur les textes. J’ai déjà une quinzaine de chansons en chantier et je suis en train de commencer la pré-production. J’aimerais, si possible, le sortir à l’automne 2018.
– Est-ce que tu connais la France ?
Je suis allé à Paris 3 fois. J’ai voyagé de haut en bas. Je suis également allé au Festival de Cannes pour un court métrage sur lequel j’avais fait la musique. Il y a aussi des enjeux politiques en Europe qui nous concernent, qui ont un impact sur nous. C’est un peu ça aussi que je connais de la France, un peu de politique. Et en musique, évidemment, on a nos monuments (Français) au Québec : Brassens, Ferré … J’aime bien Bénabar, j’aime bien ses textes, la légèreté de sa musique. Il y en a d’autres, mais j’aurais du mal à les citer. On a beaucoup de français qui sont venus habiter au Québec depuis quelques années, dont une chanteuse qui s’appelle Gaële, qui est absolument magnifique, qui est méconnue du public mais qui écrit des chansons extraordinaires pour elle et pour les autres… et puis j’habite sur le plateau Mont-Royal, c’est un peu la Nouvelle France.
– Quel est ton lien avec la France ?
La langue, d’abord et avant tout. J’ai récemment appris que mon nom de famille, HURD, est d’origine bretonne. Au départ, c’était L’HEARDE. Une partie de ma famille a immigré en Angleterre et les Anglais ne sont pas très friands des apostrophes et de «e» à la fin des mots. C’est donc devenu HEARD et quand cette branche là est arrivée au Canada, j’ai un ancêtre qui se faisait appeler HEERD et ce «ee» a été changé par un «u», ce qui a donné HURD. Donc c’est aussi un de mes liens avec la France.
– En français ou en anglais ?
Je viens d’une famille bilingue. Une partie de ma famille parle anglais, l’autre français. Pour écrire mes textes, j’ai privilégié le français. On entend beaucoup plus de chansons anglophones que de chansons francophones, alors j’ai opté pour le changement. Ensuite, j’aime beaucoup la littérature. Mais le coté littéraire et poésie française m’attire plus. « Coté écriture », je trouve ça plus joli.
– Est-ce que tu as déjà entendu parler des salles de concerts ou de festivals en France ?
Au Québec, on entend parler des salles de spectacles par nos confrères qui sont allés là-bas, on entend souvent parler de l’Olympia mais c’est la seule salle que je suis vraiment capable de nommer. J’ai très vaguement entendu parlé de La Nouvelle Scène et des Trois Baudets, mais c’est tout. Tout ce qui concerne le territoire français, c’est vraiment tout nouveau pour moi.
J’aimerais beaucoup faire un saut de l’autre côté de l’océan ! Pour tout te dire, cela ne m’avait pas vraiment traversé l’esprit jusqu’à ce que Juste Une Trace m’approche. Depuis, ça me trotte de plus en plus dans la tête, aller faire une tournée là-bas. J’ai commencé à mettre mon agent dans le coup.
– Et sur scène au Québec ?
J’ai fais une trentaine de spectacles en 2017, dans de petites salles comme Le Petit Bar et des Maisons de la Culture. J’ai joué dans un festival Country. Mon style n’est pas très Country, mais j’ai longtemps fait des reprises donc je m’en suis servi et puis j’ai joué mes compositions personnelles réarrangées l’occasion, je me suis mis un chapeau de cow-boy et j’ai fais le show comme ça. Au printemps dernier, j’ai aussi été ambassadeur du festival de Dégelis : j’ai joué dans des écoles, des bistrots, des micro-brasseries, un peu partout, des fois 4 spectacles par jour : intense mais vraiment très cool. J’ai la chance de pouvoir rejouer bientôt à la Place des Arts. J’aime la salle Claude Léveillée, c’est l’une des plus jolies salles de la place. C’est une petite salle où j’ai présenté TDAH vol.1. Elle était pleine et c’était vraiment très bien.
Kamel a franchi les montagnes Kamel a traversé la mer Mais il a vraiment connu la pire des galères Sur la ligne 13, pourtant c’était pas la grève Sur la ligne 13, il a eu comme un malaise !
Marie Louise a soixante-quinze ans Elle n’a plus que 3 ou 4 dents Si elle veut descendre à Invalides, il faut qu’elle se speede ! Car sur la ligne 13, son dentier, elle l’enlève Sur la ligne 13, fais gaffe à ta prothèse !
Michèle de Saint Germain en Laye Arrive sur Paname par le RER C Mais elle ne rigole pas du tout même si elle s’arrête à Gaité Et sur la ligne 13, elle pourrait écrire une thèse Sur la ligne 13, une thèse vraiment balèze !
Boubakar a dégoté un job Mais le wagon était blindé, il n’a pas pu y monter Alors pour pas être en retard, il a démissionné ! Il fait la manche sur le quai De la ligne 13, c’est la crise et elle te baise, Sur la ligne 13, ou tu pousses ou tu crèves !
Kristina arrive tout droit de Bucarest Elle croit qu’elle aura moins faim à Paris Liberté égalité fraternité elle n’a rien compris Sur la ligne treize, range ta marseillaise Sur la ligne treize, tout ça c’est de la foutaise…
Marie-France va voir son pote à Saint-Denis Elle connaît le Carrefour Pleyel Mais dans le couloir du métro pas de piano, c’est une vraie poubelle ! Sur la ligne 13, oui ne vous déplaise Sur la ligne 13 que des bémols pas de dièses !
Gwenola arrive de sa Bretagne Bienvenue à Montparnasse mais elle a rendez-vous à Liège et elle ne joue pas des coudes elle aura pas de siège ! Sur la ligne 13, entre les canettes de Seize Sur la ligne 13, et les traces de mayonnaise ! La ligne 13, tu vas l’avoir mauvaise La ligne 13, fais toi une ligne, ça apaise ! La ligne 13, y a comme un truc qui pèse La ligne 13 dis adieu à tes rêves
Ligne 13 paroles : Jay Ryan, Marie-France Floury – musique : Jay Ryan – Éditions AMOC
Dominique Grange est une chanteuse engagée depuis plusieurs décennies. Elle ne change pas de cap. Elle chante les révoltes d’aujourd’hui, la prison, l’exil, l’exploitation, l’exclusion…