Juste une trace

Jay and The Cooks

Goodbye Tyler

Tyler Jameson Barnes était un poète, un compositeur et un luthier américain. Il était aussi un excellent cuisinier. Fils de l’actrice Joyce Jameson et du célèbre compositeur et animateur Billy Barnes, il habitait à Hawaï lorsqu’il a écrit et composé « I’m Really Glad I Met Her » pour son ami Jay Ryan et plus spécifiquement pour l’album UP THE MISSISSIPPI de Jay and The Cooks. Tyler venait de laisser les fourneaux et cela lui avait donné un coup de boost pour reformer un groupe.

La relation de Tyler avec Jay remonte à loin. Ils viennent tous les deux de Californie, dans la région de Los Angeles. Tyler et Jay sont nés au début des années 50. Le premier a grandi à Hollywood, le second à Long Beach. Puis ils ont tous les deux changé de région et fini pas se rencontrer à Austin (Texas) dans les années 70.

L’an dernier, Tyler a décidé de rejoindre le continent puis a disparu pendant plusieurs semaines. Il a retrouvé la femme de sa vie et ils se sont aimés. Installés ensemble en Arizona depuis quelques mois, Tyler Jameson Barnes vient de finir son voyage.

 

I’m Really Glad I Met Her
paroles et musique Tyler Jameson Barnes

Well she used to love me then
But she sure don’t love me now

Well she used to love me then
But she doesn’t love me now

Well I wanted her to love me
Any way and any how

Well she’s probably in a mental hospital
Or locked down tight in jail

Well she’s probably in a mental hospital (you know, one of those institutions)
Or locked down tight in jail

And if I had a dollar
I wouldn’t go her bail

I’m on another road now baby
Don’t think our paths are gonna cross

I’m on another road now baby
Don’t think our paths are gonna cross

I’m really glad I met you
Nothin’ ventured nothin lost

 

2017 – Éditions AMOC

Les origines du projet Up The Mississippi

UP THE MISSISSIPPI est une création musicale de Jay and The Cooks. Au rythme du Blues, du Rock, de la Country, du Cajun, de la Folk, nous remontons le Mississippi.

L’album sort le 14 septembre 2018 mais est disponible en avant-première et en exclusivité sur le site Juste Une Trace. Il présente un véritable panorama sur les musiques nord-américaines avec des compositions majoritairement originales. En spectacle, Up The Mississippi est agrémenté de photographies, de vidéos et de lectures d’auteurs emblématiques.

Entretien avec Jay Ryan sur les origines du projet

Quand j’étais ado, je jouais du trombone dans un orchestre du Michigan, celui de l’école d’Algonac. En 1966, nous avons été invités à jouer avec notre Marching Band dans la grande parade de Chicago qui réunissait les meilleurs orchestres de la région.

J’ignorais que Muddy Waters jouait ce même soir dans un club du South Side. Je ne savais même pas qu’il existait !

Jay Ryan – Photo Bernard Rousseau

Plus tard, avec ma famille, nous avons emménagé à Elkhart dans l’Indiana. J’étais encore plus proche de Chicago mais je n’avais toujours pas entendu le moindre morceau de Muddy Waters !

À 19 ans, quand j’ai finalement eu un de ses disques entre les mains, ma vie a changé.

En 1975, je vivais à Austin, au Texas. Là-bas, on pouvait entendre toutes sortes de musique. Au club Armadillo, on pouvait voir et écouter tous les groupes imaginables. Il y avait Commander Cody and His Lost Planet Airmen qui jouait du rockabilly, d’autres de la country et même des chansons de camionneurs … The Fabulous Thunderbirds jouaient du blues, Clifton Chenier venu de Louisiane jouait du Zydeco tous les mois à l’Antone’s Club… Toutes ces musiques trouvaient leurs racines au bord du Mississippi.

De la Nouvelle-Orléans jusqu’au Delta, en passant par Memphis, Saint Louis, sur les berges des rivières Ohio et Chicago, partout où l’eau s’écoule, des courants musicaux se forment et nous irriguent. Même Bob Dylan est né dans l’Etat où le Mississippi prend sa source.

En 1998, j’assistais à une conférence du Folk Alliance Music à Memphis. On avait loué une grosse Cadillac et traversé le Mississippi en direction de l’Arkansas. C’est énorme, dangereux. C’est boueux, peuplé essentiellement de pauvres qui vivent le long des rives du fleuve. C’est aussi un des plus étonnants lieux aux États-Unis, une intarissable source d’inspiration pour de nombreux auteurs.

Avec UP THE MISSISSIPPI, je n’essaye pas de reproduire ce qui a déjà été réalisé par les plus grands. La plupart des chansons sont des compositions originales. C’est une démarche personnelle et un hommage à la musique qui m’a influencé tout au long de ma vie.

Nul besoin d’épiloguer. Je ne viens pas du Mississippi, je ne peux ni ne souhaite chanter comme les gars de Clarksville, mais les messages qu’ils ont transmis au monde entier, comme ceux des gens de Memphis ou de Nashville, sont au coeur de ma démarche.


Dans cette création, je voulais aussi donner une bonne place à la littérature. J’ai donc contacté Greil Marcus qui a accepté que j’intègre dans le spectacle des extraits de « Mystery Train ». La Minnesota Historical Society Press a également accepté que j’insère des passages de « A Stretch on the River » de Richard Bissell. Par moments, vous entendrez de courts extraits de « Adventures of Huckleberry Finn » de Mark Twain dans une ambiance sonore traditionnelle et improvisée. Des lectures en français dans les pays francophones et en anglais dans le reste du monde.

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Remontez le Mississippi

Pour ce nouvel album de Jay And the Cooks, nous remontons le Mississippi. Le répertoire permet de traverser des paysages sonores fédérateurs, variés et à fortes identités. Blues, Zydeco, Rock, Country, Folk : UP THE MISSISSIPPI nous offre un véritable panorama sur les musiques nord-américaines à la sauce de Jay And the Cooks.

Malgré les styles différents, Jay réussi à créer des liens et des passerelles entre tous les titres. Il semble réduire les distances entre les genres pour nous offrir une grande virée le long du fleuve. Comme tous les états traversés, l’album est uni dans la diversité. Avec une majorité de compositions originales, de textes sans fioritures, des histoires de société et quelques hits intemporels, Jay présente un album longuement réfléchi mais réalisé avec une grande spontanéité et de l’authenticité.

De la Louisiane aux Grands Lacs : une production musicale réalisée notamment en analogique pour le bon grain, avec des musiciens qui connaissent particulièrement bien les musiques nord-américaines pour l’authenticité, en studio mais dans des conditions proches du live pour la chaleur.

Le voyage commence en Louisiane, on y mange de l’alligator et on y chante en français. Nous finissons l’exploration proche des Grands Lacs et de la source du fleuve, dans le Minnesota natal de Bob Dylan avec une de ses protest songs.

Vous pouvez dès à présent participer au projet. L’argent collecté servira à réaliser une édition CD de l’album car même si UP THE MISSISSIPPI sera disponible en streaming, c’est tout de même sympathique d’offrir un bel objet plutôt qu’une simple écoute généralement très compressée.

Pour 15 euros, vous aurez 1 exemplaire dédicacé de l’album UP THE MISSISSIPPI (Édition Limitée CD Digipack) et les frais d’envois postaux seront inclus. D’autres possibilités de participer vous sont offertes. Pour 200 euros, par exemple, vous aurez 2 exemplaires dédicacés de l’album UP THE MISSISSIPPI + 2 invitations à un concert organisé à Paris en 2018 + 1 beau tirage (57cm x 85cm sur carton plume 10mm) de « Wall of Leland – Mississippi » la photo d’Edith Gaudy qui illustre cet article (frais d’envois postaux également inclus).

Avec UP THE MISSISSIPPI, Jay nous fait découvrir un monde où la musique est souvent au centre de tout. Il réalise une parfaite synthèse de ses influences et résume en onze titres ce que toutes les personnes qui remontent le fleuve peuvent écouter. Si vous avez déjà fait le voyage, vous revivrez obligatoirement des moments forts. Si vous ne connaissez pas encore, UP THE MISSISSIPPI est une très bonne option pour imaginer et visualiser de nombreuses scènes de vie, des quartiers, des villes et surtout des gens.

Pour participer et soutenir directement le projet, c’est ici !

Interpeller, alarmer, informer … les chansons servent aussi à ça !

George Lewis est incarcéré dans le Bloc C. Le juge l’a condamné à perpétuité en 1983. Sa maison : une cellule de 2,5m par 3,5m …
On a dit qu’il avait tué un épicier nommé Roman Ortez d’une balle dans la tête, pour lui dérober sa caisse. Mais on ne sait pas ce que George Lewis a fait de l’argent ni à qui sont les empreintes digitales trouvées sur le lieu du crime …

Malgré la pénombre, George Lewis a été identifié par 2 témoins alors qu’il s’enfuyait. En prison, il a appris à se battre. Il a aussi appris à ne rien voir et à ne rien entendre. Il est resté seul.

George Lewis a continué à clamer son innocence et a finalement obtenu la réouverture de son dossier puis l’analyse des empreintes trouvées sur place. Cette fois-ci, les ordinateurs ont formellement identifié un meurtrier : un autre homme déjà incarcéré pour une autre affaire.

George Lewis aura passé 18 années derrière les barreaux. Il s’est fait brisé. Il est sorti de prison un jour de novembre. Cassé, il s’est rendu compte qu’il n’arrivait même plus à aimer ses proches…

« CELLBLOCK C » est une chanson saisissante de Jack Clarck, l’écrivain chauffeur de taxi de Chicago. Elle nous interpelle, nous alarme et nous informe sur les innocents emprisonnés. George Lewis, tout comme Roman Ortez, sont des personnages inventés par Jack Clarck. Mais l’histoire n’est que pure vérité, exprimée avec des mots simples et directs. L’interprétation de Jay and The Cooks et l’ambiance sonore ne sont pas sans rappeler l’atmosphère et la couleur des Lords of The New Church, avec une petite pointe de Johnny Cash. L’auteur se demande comment peut-on rester libre si des innocents sont encore incarcérés. Et selon lui, dans chaque prison il y a des innocents. Des gens qui seront cassés à jamais. Des hommes qui ne seront plus jamais entiers. Pour dénoncer cette situation, il a confié ses paroles et sa musique à Jay and the Cooks. CELLBLOCK C est sur l’album I’M HUNGRY.

Selon une étude du National Registry of exonerations (Registre national des erreurs judiciaires), un projet conjoint de l’Université du Michigan et de l’université Northwestern (Chicago), le nombre d’erreurs judiciaires découvertes par les autorités américaines est toujours en nette augmentation. En 2015, record battu avec 149 disculpés qui ont passé en moyenne 14 ans et demi en prison. Plus de 1500 prisonniers ont été innocentés aux États-Unis au cours des 25 dernières années.
Près de 20% des personnes innocentées avaient à l’origine plaidé coupable.

Toujours selon le Registre national des erreurs judiciaires, 56 % des personnes innocentées en 2013 avaient été arrêtées et condamnées à la suite d’un faux témoignage. Les erreurs commises par des témoins oculaires sont à l’origine de 38 % des verdicts de culpabilité aux États-Unis. Dans 46 % des cas d’erreur judiciaire, c’est le travail des policiers qui est en cause même si ce n’est souvent pas le seul facteur.

Pour en savoir plus sur le National Registry of exonerations et son dernier rapport

En France, la révision de procès est une procédure rarissime. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire un très bon article de Yann Bouchez publié par Le Monde

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

CELLBLOCK C

My name is George Lewis I’m in cellblock C
the judge said natural life 1983
an 8 by 12 cell that’s been my home
you got my body not my soul

And I will never be whole again.

You said I killed the grocer named Roman Ortez
took all his money, shot him in the head
but you never explained where all that money went
and you never explained those stranger’s fingerprints

And I will never be whole again.

the state had two witnesses who identified me
as the man in black they’d seen flee
well I cursed that stain for 18 years
I cursed the god who put me here

gangsters and sadists they came for me
I learned to fight but I learned not to see
those screams in the night, I did not hear
there’s only one man in prison, there are no friends here

And I will never be whole again.

Along came new fingerprint technology
year after year the state denied my pleas
finally their own computers forced them to see
the real murderer, hell he was in cellblock

I walked out of prison on a cold November day
and I discovered that my soul had lost its way
I’d held it so close I couldn’t let go
I couldn’t love the people that meant the most

And I will never be whole again.

So you the people, you put me here
and what kind of lessons did you learn?
If there are innocent men imprisoned are you really free?
every cellblock holds someone just like me

and we can never be whole again/how about you?
and we can never be whole again/can you?
and I will never be whole again

paroles et musique : Jack Clark – Éditions AMOC

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

Du Rock Français sur les rives du Mississippi

Quand il ne prend pas son vélo ou son scooter, à Paris, Jay se déplace en métro. Il connaît parfaitement la ligne 13 et comme tous les voyageurs, il passe toujours trop de temps dans les transports en commun. C’est souvent compliqué pour ceux qui circulent tous les jours ainsi. Alors Jay a pris sa plume et, pour une fois, il a écrit directement un texte en français. Après avoir couché ses idées sur le papier, il appelle le guitariste Paul Péchenart à la rescousse et lui propose d’en faire une chanson : C’EST COMPLIQUÉ.

Jay_Johan Asherton_The Froggies_80sPaul Péchenart est un membre fondateur des «Dogs». Il manipule les riffs et les phrases inlassablement. Dans les années 80, il jouait aussi avec Jay dans «The Froggies», le groupe de Johan Asherton. Il reprend donc le texte, y met sa patte d’auteur puis donne à l’ensemble une couleur naturellement «rock français» avant de remettre le tout à Jay.

Jay et Paul ont aussi un autre point commun : ils ont tous les deux joué le blues avec Luther Allison. Jay va donner une touche de Rhythm and Blues à la composition. Le processus de création ne s’arrête pas encore là. Les paroles restent en français mais la musique nous emmène indiscutablement aux États-Unis.

Un enregistrement de base (démo) est alors passé à Marco Di Maggio (le directeur artistique et guitariste de tout l’album I’m Hungry). Comme vous le savez peut-être, Marco est nettement influencé par le Rock’n’Roll. Il a joué avec Slim Jim Phantom (Stray Cats), Kevin Smith (Brian Setzer Orchestra) ou encore Albert Lee… et cela s’entend.

Une fois en studio, C’EST COMPLIQUÉ se transforme de nouveau et devient Rockabilly. Jay chante un peu comme Johnny Cash l’aurait fait, avec une touche de Country music.

Finalement, la chanson évolue avec le temps et donne maintenant une bonne idée de tout ce que l’on peut entendre sur les rives du Mississippi, quelque chose de très éloigné du métro parisien pour quelqu’un qui ne comprendrait pas le français.

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

C’EST COMPLIQUÉ est sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

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Au hasard d’une rencontre avec Jack Clark

C’est assez inhabituel de s’installer dans un taxi et de trouver un manuscrit sur le siège à côté du conducteur. Ce qui rend le taxi de Jack Clark unique, c’est qu’il est à la fois le chauffeur du véhicule et l’auteur de romans.

Jack Clark est donc chauffeur de taxi à Chicago depuis une trentaine d’années. Il lui arrive aussi de voyager plus loin et de taper la chanson. C’est à Montreuil, lors d’une scène ouverte, que Jay l’a entendu et rencontré.

Jack Clark a publié 3 romans et de nombreux articles dans le Chicago Reader depuis le milieu des années soixante dix. Il a mis de côté le journalisme pour écrire des nouvelles, des séries noires, des romans policiers, et des chansons teintées de blues, de folk et de country. Le Washington Post n’hésite pas à dire de son roman «Nobody’s Angel», que c’est «une pierre précieuse qui ne contient pas de mots inutiles ou de fausses notes».

Au début, Jack Clark vendait directement ses livres «brochés main» à ses passagers… C’est ainsi qu’il en a écoulé plusieurs centaines d’exemplaires avant d’attirer l’attention d’un éditeur.
Au volant de son taxi encore 2 ou 3 jours par semaine, il se nourrit notamment des conversations qu’il engage pour imaginer de nouvelles histoires et écrire.

JAY a toujours était proche de la littérature.  Tout simplement, dans l’album I’M HUNGRY, il chante deux textes inédits de Jack Clark.

Les paroles sont si limpides qu’elles nous plongent en quelques secondes dans une histoire. Pour vous donner une idée, voici un extrait de l’enregistrement et le texte intégral de DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU).

You ought to be here by my side
but late one night you suddenly said goodbye
now you’re another man’s wife
and ‘m high as a kite
I’m drinking and thinking about you.

That night on the Gantes Memorial bridge
We danced to a soft summer wind
A tug boat pierced the night
with our very own spotlight
and we twirled from end to end.

New York City after the snow.
We walked those streets until dawn
then we hurried back home
to our cozy warm hotel
and when we woke every last snowflake was gone

There’s night when I wake from a dream
you’re so close I swear I can feel you
I see that wonderful hidden smile
the sparkle in your eyes
but then you fade and I’m alone that’s what’s real.

That night I said the wrong thing
it was like fire poured on gasoline
I didn’t mean it I tried to explain
but yes I’d said it just the same
and you were gone before I could say.

paroles et musique : Jack Clark – Éditions AMOC

DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU) et CELLBLOCK C sont sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy
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