Le guitariste Matthieu Rosso signe tout le répertoire de son quartet aux accents très électriques et qui surprend par la masse sonore déployée : l’utilisation d’effets électroniques par les musiciens donne l’impression de décupler le son du groupe, de sorte que le « Matthieu Rosso Red Quartet » n’a de « quartet » plus que le nom ! NO MONSTER s’inscrit résolument dans le présent du jazz, notamment grâce aux apports du saxophoniste Denis Guivarc’h, à la basse électrique tellurique de Jean-Philippe Morel, aux qualités de gestion de l’espace du batteur Rafael Koerner et à la grande rigueur dans l’écriture au service du collectif de Matthieu Rosso.
Après quelques touches de rock expérimental ou quelques incursions de rock progressif, la direction du groupe peut tout à coup changer pour laisser place à une écriture rythmique complexe et organique. Les références à Aka Moon ou Steve Coleman sont perceptibles et parfaitement assumées.
Photo par Bryce Davesne
Dans «Flexible», par exemple, le pattern de guitare est conservé à l’identique durant plusieurs minutes, alors que la rythmique s’amuse à brouiller les pistes et les vitesses. Quant à la ligne de basse, elle évolue progressivement puis explose dans un riff final qui évoque en filigrane un célèbre titre d’un groupe de grunge. Sur «Mass Euphoria», l’improvisation collective disparaît au profit d’une rythmique qui se resserre, qui cadre l’ensemble avec des lignes de basse dans l’extrême grave, grondantes et inquiétantes. L’auditeur s’installe alors dans un groove lancinant, puis un changement de tempo apporte un regain d’énergie et laisse place à une nouvelle improvisation échevelée, entre Steve Coleman et Meshuggah.
MATTHIEU ROSSO RED QUARTET livre avec NO MONSTER une fusion riche et dense, un véritable Objet Sonore Non-Identifié.
Matthieu Rosso est né à Toulon en 1980. Il débute la guitare à l’âge de 13 ans, sous l’influence des groupes de métal de l’époque. Au lycée, il intègre le groupe rock «Delirium Tremens» avec lequel il joue dans les clubs de la région Toulonnaise. Période formatrice, mais sa rencontre du Jazz au même moment le pousse vers une nouvelle direction musicale. Il découvre Allan Holdsworsth et Frank Gambale, puis Pat Metheny, John Scofield, Marc Ducret et surtout Bill Frisell. Travailleur insatiable, il passe jusqu’à 10 heures par jour à pratiquer son instrument. Boulimique de musique, il va progressivement assimiler des courants très variées, du Bop ou Free, en passant par la Fusion. Il poursuit parallèlement des études au conservatoire, à Aix en Provence, à Marseille, puis à Paris où il obtient un diplôme d’études musicales en 2009.
photo par Bryce Davesne
Ses années de formation seront ponctuées de nombreuses rencontres déterminantes, notamment avec Manu Codjia, Steve Coleman, Stéphane Payen, Benoît Delbecq, Jean-Paul Celea, Marc Ducret, ainsi que Sylvain Cathala et Franck Vaillant. Il fonde avec ces derniers le groupe «Rictus» en 2010, en compagnie du bassiste Bruno Schorp, puis le groupe sera rebaptisé «Matthieu Rosso RED Quartet», dès l’arrivée de Jean-Philippe Morel. Avec cette équipe, il décide en 2011 d’enregistrer un premier album, produit par Juste Une Trace. L’albumRed Quartet est le fruit de toutes ses expériences passées. Matthieu Rosso conçoit sa musique dans un grand esprit d’indépendance: il fuit les clichés et les étiquettes, et cultive un goût prononcé pour les musiques en marge des conventions. Le groupe sort son premier album à l’automne 2012 («révélation» jazzmag/jazzman).
Matthieu Rosso a aussi joué avec Alexandra Grimal, Philippe Renault, Jérôme Rateau, Sylvain Romano, Mathias Alamane, Gautier Garrigue, Laurent Mignard, Anne Pacéo, David Prez, Simon Tailleu, Raphaël Imbert, Xavier Bornens, Fred Galiay, Soo-Bin-Park…. En marge du jazz, il a participé à un projet de danse contemporaine avec le chorégraphe Emilio Calcagno au sein de la compagnie du ballet Preljocaj. Il a également composé plusieurs musiques pour le théâtre, et a co-dirigé un projet de poésie sonore avec le poète Stéphane Korvin.
Avec une nouvelle équipe, Denis Guivarc’h au saxophone, Rafael Koerner à la batterie et de nouveau Jean-Philippe Morel à la basse, Matthieu Rosso Red Quartet enregistre un deuxième album «No Monsters» durant l’été 2014. Les compositions de Matthieu Rosso sont surprenantes. Dans des temporalités assez réduites, par exemple, cohabitent des passages très libres et collectifs, avec, en arrière plan, des passages écrits. Les solistes peuvent s’exprimer dans la plus grande tradition du jazz mais on retrouve aussi quelques accents pop… puis la direction change d’un coup pour laisser place à une écriture rythmique plus complexe.
La construction des œuvres de Matthieu Rosso est en tout point originale. Un patern de guitare, encore par exemple, peut être conservé quasiment à l’identique pendant toute la durée d’un titre, alors que la rythmique s’amuse à brouiller les pistes et les vitesses. La ligne de basse évolue progressivement pour finalement exploser dans un riff final au goût de «Smell like teen spirit» de Nirvana. Ici, la technique d’écriture pour la guitare et le saxophone est particulière, il s’agit de reprendre une mélodie entendue auparavant mais en tronquant certaines notes, pour donner l’illusion d’une nouvelle métrique.
Il sort de la ville et respire de nouveau. Avec THE LAUNCH, il fait ses premiers pas dans l’immensité.
WIDE AND OPEN nous attire dans un canyon suspendu. Le danger est latent et la tension de Jim est élevée. Il part dans une course effrénée.
Le calme revient avec BELOUGA. Jim se réchauffe près du feu. Il observe la mer, les dunes, les vagues puis s’endort.
Mais cette nuit là, il se souvient de la ville. Des taxis, des phares, des feux, des sirènes, la circulation, le bruit se retrouvent dans THE DRIVE.
Jim marche tout l’été. Sur THE WALK, il traverse des forêts de chênes et des contrées arides. Frappé par le soleil, fouetté par le vent, il marche inlassablement. Il avance, pense et change.
La découverte des vestiges d’un monstre d’acier échoué en plein désert représente pour lui une forme de déclin. SUPER TANKER n’est plus qu’une épave, celle d’un pétrolier pollueur. Les puissances ont toutes des fins.
C’est un peu comme cette ville au loin : DARK CITY. Tout y semble électrique et si artificiel. Mais la cité a aussi quelque chose d’attirant.
Jim ne sait plus si le voyage doit s’arrêter là ou si la fuite en avant doit se poursuivre. MONSTERS est la somme de toutes ses fatigues, de doutes et d’angoisses. Finalement, Jim souffre de solitude.
Une brise légère flotte sur son corps. Apaisé et plus serein que la veille, Jim sort d’une nuit réparatrice. Tout semble immense et éternel. C’est dans REST AND REBIRTH.
Il reprend la marche et au bout de quelques jours, il entend des cris de joie et le bonheur d’une fête de village. Attiré par les rires et les chants, Jim entre dans THE DANCE puis découvre de nouvelles gestuelles.
Jim est devenu un Sâdhu. Il a renoncé à la société, ne veut plus de toit : il préfère se déplacer et quand il en a l’occasion, il n’hésite pas à aider les plus faibles, les défavorisés, sans rien demander en échange. Il apparaît ici et là puis disparaît. Sa vie est maintenant faite de rencontres : TALES OF JIM.
Pour faire découvrir NEW TALES, partager cette création et vous encourager à nous commander l’album, nous vous présentons une vidéo par titre. Il ne s’agit pas d’une succession de clips mais plutôt d’ambiances visuelles calibrées pour apprécier les 12 compositions de l’album.
NEW TALES, c’est l’histoire d’un vagabond moderne qui décide de parcourir le monde. Isolé dans sa ville, Jim n’a plus d’attaches. Partir devient pour lui une évidence. Est-ce une fuite en avant ou finalement le fruit d’une mûre réflexion ? Dans tous les cas, Jim ouvre les yeux : il s’éveille. L’album débute par AWAKENING.
Il sort de la ville et respire de nouveau. Avec THE LAUNCH, il fait ses premiers pas dans l’immensité.
WIDE AND OPEN nous attire dans un canyon suspendu. Le danger est latent et la tension de Jim est élevée. Pink Floyd rencontre King Crimson dans une course effrénée.
Le calme revient avec BELOUGA. Jim se réchauffe près du feu. Il observe la mer, les dunes, les vagues puis s’endort.
à suivre …
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