Juste une trace

Marco Di Maggio

Du Rock Français sur les rives du Mississippi

Quand il ne prend pas son vélo ou son scooter, à Paris, Jay se déplace en métro. Il connaît parfaitement la ligne 13 et comme tous les voyageurs, il passe toujours trop de temps dans les transports en commun. C’est souvent compliqué pour ceux qui circulent tous les jours ainsi. Alors Jay a pris sa plume et, pour une fois, il a écrit directement un texte en français. Après avoir couché ses idées sur le papier, il appelle le guitariste Paul Péchenart à la rescousse et lui propose d’en faire une chanson : C’EST COMPLIQUÉ.

Jay_Johan Asherton_The Froggies_80sPaul Péchenart est un membre fondateur des «Dogs». Il manipule les riffs et les phrases inlassablement. Dans les années 80, il jouait aussi avec Jay dans «The Froggies», le groupe de Johan Asherton. Il reprend donc le texte, y met sa patte d’auteur puis donne à l’ensemble une couleur naturellement «rock français» avant de remettre le tout à Jay.

Jay et Paul ont aussi un autre point commun : ils ont tous les deux joué le blues avec Luther Allison. Jay va donner une touche de Rhythm and Blues à la composition. Le processus de création ne s’arrête pas encore là. Les paroles restent en français mais la musique nous emmène indiscutablement aux États-Unis.

Un enregistrement de base (démo) est alors passé à Marco Di Maggio (le directeur artistique et guitariste de tout l’album I’m Hungry). Comme vous le savez peut-être, Marco est nettement influencé par le Rock’n’Roll. Il a joué avec Slim Jim Phantom (Stray Cats), Kevin Smith (Brian Setzer Orchestra) ou encore Albert Lee… et cela s’entend.

Une fois en studio, C’EST COMPLIQUÉ se transforme de nouveau et devient Rockabilly. Jay chante un peu comme Johnny Cash l’aurait fait, avec une touche de Country music.

Finalement, la chanson évolue avec le temps et donne maintenant une bonne idée de tout ce que l’on peut entendre sur les rives du Mississippi, quelque chose de très éloigné du métro parisien pour quelqu’un qui ne comprendrait pas le français.

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

C’EST COMPLIQUÉ est sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

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Au hasard d’une rencontre avec Jack Clark

C’est assez inhabituel de s’installer dans un taxi et de trouver un manuscrit sur le siège à côté du conducteur. Ce qui rend le taxi de Jack Clark unique, c’est qu’il est à la fois le chauffeur du véhicule et l’auteur de romans.

Jack Clark est donc chauffeur de taxi à Chicago depuis une trentaine d’années. Il lui arrive aussi de voyager plus loin et de taper la chanson. C’est à Montreuil, lors d’une scène ouverte, que Jay l’a entendu et rencontré.

Jack Clark a publié 3 romans et de nombreux articles dans le Chicago Reader depuis le milieu des années soixante dix. Il a mis de côté le journalisme pour écrire des nouvelles, des séries noires, des romans policiers, et des chansons teintées de blues, de folk et de country. Le Washington Post n’hésite pas à dire de son roman «Nobody’s Angel», que c’est «une pierre précieuse qui ne contient pas de mots inutiles ou de fausses notes».

Au début, Jack Clark vendait directement ses livres «brochés main» à ses passagers… C’est ainsi qu’il en a écoulé plusieurs centaines d’exemplaires avant d’attirer l’attention d’un éditeur.
Au volant de son taxi encore 2 ou 3 jours par semaine, il se nourrit notamment des conversations qu’il engage pour imaginer de nouvelles histoires et écrire.

JAY a toujours était proche de la littérature.  Tout simplement, dans l’album I’M HUNGRY, il chante deux textes inédits de Jack Clark.

Les paroles sont si limpides qu’elles nous plongent en quelques secondes dans une histoire. Pour vous donner une idée, voici un extrait de l’enregistrement et le texte intégral de DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU).

You ought to be here by my side
but late one night you suddenly said goodbye
now you’re another man’s wife
and ‘m high as a kite
I’m drinking and thinking about you.

That night on the Gantes Memorial bridge
We danced to a soft summer wind
A tug boat pierced the night
with our very own spotlight
and we twirled from end to end.

New York City after the snow.
We walked those streets until dawn
then we hurried back home
to our cozy warm hotel
and when we woke every last snowflake was gone

There’s night when I wake from a dream
you’re so close I swear I can feel you
I see that wonderful hidden smile
the sparkle in your eyes
but then you fade and I’m alone that’s what’s real.

That night I said the wrong thing
it was like fire poured on gasoline
I didn’t mean it I tried to explain
but yes I’d said it just the same
and you were gone before I could say.

paroles et musique : Jack Clark – Éditions AMOC

DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU) et CELLBLOCK C sont sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

Un bus à prendre

Cette histoire se déroule vers 4 heures du matin au milieu des années 80. Un quart de siècle après, Jay a toujours une image en tête. Celle d’une vingtaine d’hommes qu’il a croisés au petit matin juste après un concert avec le Bruce Koening Band. Il venait de déposer les instruments et les amplis dans un local de banlieue parisienne et retournait sur Paris pour se coucher. En passant devant un arrêt de bus, sous un lampadaire, ces hommes attendaient qu’on les emmène à l’usine. Ils étaient tous d’ailleurs, de loin.

Il paraît que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt… Dans certaines sociétés, le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt. Ils ne voient pas souvent le soleil, le ciel bleu n’existe plus, ils passent à côté de la vie et se demandent ce qu’ils ont raté. L’histoire peut paraître banale mais le sujet encore d’actualité de « 4 in the morning blues » est dramatique. Les paroles de Jay sont directes, un peu amères. Avec des sonorités proches du Rockabilly, Jay y apporte une légèreté, une fausse drôlerie, comme si tout allait de soi, comme si celui qui se couche tard croise normalement celui qui se lève tôt.

Standin’ here at 4 in the morning
Off to work I again
I never asked to be here
now I ‘m never goin home

Sitting here at the bus stop
My lunch pail in my hand
I won’t be back home
Til  After the sun goes down

They say we’re lazy
They say we’re dumb & slow
That we should all go back to Africa
Even as they’re still in their beds

Now my son he’s in prison
Lost his way somehow
He shows no respect
So tell me where did I go wrong

Standin’ here at 4 in the morning
Off to work I go
I never asked to be here
Now I’m  never goin home

My daughter is off to lands unknown
She said I’d lost my say
She said goodbye daddy
See you beyond the Milky Way

Standin’ here at 4 in the morning
Off to work I go
I never asked to be here
Now I’m  never goin home

paroles et musique : Jay Ryan – Éditions AMOC

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

4 IN THE MORNING est sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

I'm-Hungry_back+

In The Pines, In The Pines …

My girl, my girl, don’t lie to me
Tell me where did you sleep last night

In the pines, in the pines
Where the sun don’t ever shine

In The Pines est un grand classique de la chanson folk nord-américaine. D’un auteur anonyme du 19ème siècle, elle a été reprise dans tous les genres par de nombreux artistes.

Photo Edith Gaudy
Photo Edith Gaudy

C’est un peu grâce à Kurt Cobain que la chanson a été exhumée dans les années 90. Nirvana en a fait une version «unplugged» en hommage Lead Belly qui l’avait enregistré lui-même plusieurs fois. Selon les artistes, le titre de la chanson est «In The Pines», «Where Did You Sleep Last Night» ou encore «Black Girl».
In The Pines se transmet d’une génération à l’autre et subie inéluctablement quelques évolutions notamment dans le texte. «Où étais-tu la nuit dernière» devient «Où as-tu dormi», peut-être «Où as-tu couché»… Dans le fond, l’histoire reste dramatique pour tous.
La version de Jay and The Cooks est tout à fait poignante. Grâce à Marco Di Maggio, nous sommes plongés dans un univers à la David Lynch. Horreur et suspense résonnent. Tarantino n’est pas loin non plus.

IN THE PINES est sur l’album I’M HUNGRY de Jay And The Cooks disponible dans la boutique

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Marco Di Maggio

J’ai toujours faim !

Ce n’est pas forcément la faim qui fait manger. Certaines situations peuvent provoquer des émotions et nous précipitent dans un frigo pour trouver une sorte de réconfort.

Photo par Joanna Borderie
Photo par Joanna Borderie

Depuis qu’il est enfant, Jay a faim. Ce n’est donc pas l’alcool qui déclenche depuis toujours son envie de casser la croûte. Par contre, il dévore et ne prend peut-être pas assez de temps pour manger. Du coup, il se sent rassasié moins longtemps. Il faudra lui demander s’il dort bien et s’il prend un bon petit déjeuner. Ce n’est pas l’excès de télévision ou l’ennui qui le pousse à grignoter. Il a toujours préféré sortir. Une fois l’estomac vidé, comme tout le monde, il perçoit des signaux qui lui indiquent un besoin d’énergie, une envie de manger. Finalement, ce n’est peut-être qu’une histoire de taux de glycémie …

Avoir faim, c’est aussi vouloir croquer la vie à pleines dents, profiter des belles choses qui peuvent arriver et en redemander.  Jay a faim et veut que tout marche bien pour tous. Il est affamé et partage souvent ses repas. Du reste, il va au fourneau très souvent, par plaisir mais aussi, une fois passé à table, pour échanger puis refaire le monde en mieux.

I’M HUNGRY donne son nom à l’album et à la chanson qui le lance. Mais pour la petite histoire, sauf démenti de sa part, Jay avait déjà écrit I’M THIRSTY (J’ai soif !).

À Hawaï, son vieil ami Tyler Jordan Barnes a rassemblé ses idées pour permettre à Jay de les exprimer avec une grande spontanéité. Tyler est un amoureux des guitares. Un vrai ! Il sait parfaitement qu’elles arrivent à dévoiler la personnalité de ceux qui en jouent et qui les mettent à l’honneur dans leurs compositions. Son approche – profondément humaine et limpide – il la tient en partie de son père, le compositeur Billy Barnes («Too Long at the Fair», «Something Cool»…).  Après quelques échanges avec Jay, à Saint Denis, en direct mais à des milliers de kilomètres, ils s’accordent et nous offrent une envie folle de mordre sauvagement dans la pomme. En quelques secondes, on embarque et n’importe quelle traversée d’océan ne se fait plus que d’une traite.

I’M HUNGRY est disponible dans la boutique

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I’m Hungry par Jay and The Cooks

UNE SORTE DE RENCONTRE ENTRE JOHNNY CASH ET LES STRAY CATS SOUS L’OEIL DE LOU REED  !

« Nous sommes peut-être entre Memphis et Nashville en pleine heure de pointe …  du R’n’R, en anglais et en français, un album tellement vrai » – sortie le 4 Mars 2016

Enregistré en Italie avec Marco Di Maggio (Terry Williams – Dire Straits, Slim Jim Phantom – Stray Cats, Little Richard), I’M HUNGRY – 2ème album de Jay And The Cooks – comporte 2 inédits de l’écrivain nord-américain Jack Clark, des compositions originales de Jay et avec Paul Péchenart III (Dogs) et Marie-France Floury, un instrumental de Jean-Yves Lozac’h (Charlie Mc Coy, Alain Bashung), une nouvelle version de «In The Pines» (chanson traditionnelle que Nirvana avait revisitée) et un cover tout à fait étonnant de «Lust For Life» (Iggy Pop – David Bowie) avec la participation de Paul Péchenart IV (Guerilla Poubelle) et du banjo, et du dobro, et du violon, et une contrebasse tout en slap …

Fin des années 60, Jay joue dans les rues de Chicago avec son « marching band ». En 1972, c’est « Indiana University » où il évite le tirage au sort pour aller au Vietnam puis découvre la basse, le blues, la vie sur un campus…

Mi-70, il file à Austin et fait partie du plus mauvais groupe sans nom de la ville … mais qui sera le premier groupe à jouer au légendaire Continental Club. Il devient aussi un habitué du Antone’s Blues Club où il écoute The Fabulous Thunderbirds tous les jeudis. En pleine vague punk, on le retrouve durant 3 années à New-York. Il fréquente le CBGB et écoute Lou Reed, Richard Hell… Il habite dans « The Lower East Side » et se débrouille comme il peut en conduisant son taxi ou comme serveur.

En 1980, il revend sa basse pour prendre l’avion et découvrir la Provence. Il découvre aussi la cuisine et les saveurs Chez Ernest où il devient même cuisinier tout en montant un duo de blues avec le traiteur historique de Cannes. De mi-80 à 1999, Jay se consacre entièrement à la musique. On le retrouve avec Yohan Asherton, Les Froggies, Jacno, Paris Slim, ou en concert avec Elliot Murphy puis à la tête du Transcontinental Cowboys. Mi-2000, Jay redécouvre Bob Dylan, ses origines d’immigrant irlandais, de nouvelles recettes puis finalement l’envie de jouer.

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Photo Edith Gaudy

Installé depuis une douzaine d’années à proximité du Marché aux Puces (St Denis), Jay réunit une équipe de proches et monte JAY & THE COOKS. «DUTCH OVEN» – le premier album –  est réalisé en 2013 et sort l’année suivante. « Les Rolling Stones, Joy Division, Leadbelly, le Révérend Gary Davis, Merle Haggard sont interprétés comme s’ils étaient tous originaires d’un même village bordant la Blue Ridge Parkway, au coeur des Appalaches…», « un climat, un rapport au temps, une idée généreuse de la musique » (Le Monde).

Avec I’M HUNGRY, nous sommes maintenant plongés dans une ambiance légèrement Rockabilly, toujours avec un petit côté Country et un soupçon de Blues, … en résumé : un vrai album de Rock’n’Roll.

I’M HUNGRY est disponible dans la boutique

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