Juste une trace

Matthieu Rosso

Vous êtes nos diffuseurs

Pour être certain d’avoir une visibilité sur un média ou de bénéficier d’un «traitement éditorial privilégié», il faut être un «annonceur». Mais les achats d’espaces publicitaires ne sont pas donnés à tout le monde. Il faut faire des prévisions et tenter de mesurer les investissements de façon à ce qu’ils soient rentables.

Par Paul Bessone

Un calcul de base consiste à convertir le coût d’une campagne en quantité d’albums à vendre pour équilibrer et pour gagner un peu d’argent afin de payer le travail de chacun ou tout simplement d’acheter de nouveaux espaces publicitaires, dans l’espoir de vendre encore plus d’albums …

Au fait, la publicité ne permet pas systématiquement de vendre des albums et son coût correspond généralement à des objectifs de ventes que nous n’arrivons même pas à concevoir (sauf dans les rêves).

Offshots_front_634x634 Imaginez le nombre de diffusions en streaming qu’il faudrait pour amortir des dépenses en marketing… Un simple calcul nous permet d’affirmer qu’il nous faudrait plus de 12 557 773 diffusions sur Youtube pour couvrir l’achat d’une seule 1/2 page dans Rock’n’Folk (hors frais de conception et de réalisation de la publicité)…

Avec de la chance et pour qu’elle fonctionne bien, une campagne publicitaire doit amplifier de premières ventes « quasi naturelles » (celles que nous réalisons grâce aux fans, à la famille, aux proches, aux accros de la musique). C’est bien pour cela que Juste Une Trace dispose de sa propre boutique en ligne, que nous chérissons les ventes directes et que nous proposons des opérations de « pré-vente » ou « vente en avant première » pour certains albums (dans notre espace crowdfunding / financement participatif).  En fait, c’est très simple : Juste Une Trace est indépendant (pas trop dépendant), et les ventes que nous faisons doivent prioritairement servir à financer les productions et ceux qui travaillent vraiment sur les projets.  Pour que tout cela marche, nous en parlons comme nous pouvons et comptons sur vous (lecteurs de nos messages et sans doute auditeurs). Nous en parlons à travers les projets que nous portons et la plupart des artistes ou producteurs avec qui nous travaillons nous renvoient l’ascenseur. De leurs côtés, avec notre approbation, le distributeur lutte pour mettre en place quelques exemplaires dans les points de vente et les artistes (les plus volontaires) n’hésitent pas à créer des boutiques les soirs de concerts.

MRRQ_NO_MONSTER_333x300C’est de l’artisanat, ce n’est pas facile, c’est un combat, mais c’est très plaisant.

Des fois, le combat est déloyal et nous sommes bêtement poignardés dans le dos. Alors nous réagissons. Prenons un exemple qui ne fera pas rire tout le monde. Saviez-vous que certains journalistes s’improvisent disquaires en faisant du commerce avec les exemplaires promo qu’ils reçoivent gratuitement ? Au lieu d’en parler, ils les vendent ! Ils ont des comptes sur e-bay ou ailleurs. Ils agissent dans l’ombre et toujours avec de drôles de pseudonymes. Contrairement aux disquaires, ils n’achètent jamais les albums qu’ils revendent. Et la plupart des albums sont revendus sans même avoir été écoutés : des exemplaires tout neuf vendus avec le cellophane d’origine (et généralement plus chers que dans notre boutique). C’est «sauvage» n’est-ce pas !

Pas facile de faire de la promo dans une telle ambiance.

Pour limiter cette vilaine pratique, que certaines personnes trouvent «normales» ou encore «dans les usages», nous restons les pieds sur terre et nous prenons quelques mesures (dont les plus amusantes ne seront pas révélées). Pour commencer, nous proposons sur nos communiqués de presse, à tous les journalistes qui manifestent un intérêt pour un album, de leur envoyer un exemplaire CD (pour info, des médias en ligne souhaitent encore recevoir un CD par courrier ou coursier), de leur transmettre les titres en mp3 ou d’avoir un lien privé pour tout écouter en ligne.

Mais nous comptons aussi sur vous ! La meilleure promo, c’est la vôtre ! Si vous n’êtes pas journaliste mais que vous voulez chroniquer un album Juste Une Trace, n'hésitez pas à nous le dire. Sur les réseaux sociaux, auprès de vos amis, avec vos mots, vous êtes nos diffuseurs.

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Les fréquences destructrices de Mass Euphoria

MASS EUPHORIA commence par une improvisation collective qui ne laisse rien présager de la suite, sauf pour celui ou celle qui lira cet article jusqu’au bout, avant d’avoir écouté l’enregistrement sur une plateforme de diffusion en streaming ou, encore mieux, avant d’avoir acheté puis écouté en entier l’album NO MONSTER de Matthieu Rosso Red Quartet !

Matthieu Rosso introduit à la guitare un pattern lancinant mais des aliens semblent brouiller la communication. Votre système de son est peut-être défectueux. Vous avez peut-être été touchés par des fréquences destructrices. En fait, si vous commencez à percevoir un bourdonnement, ne vous inquiétez pas ! Les plus sensibles peuvent décrocher et aller se mettre à l’abri. Les plus curieux peuvent poursuivre l’écoute.
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Après 2 minutes, exposés aux radiations, les plus résistants constateront d’eux-mêmes qu’ils commencent à se balancer. En fait, ils sont hypnotisés. Ils dansent en compagnie d’une basse dans l’extrême grave, grondante et inquiétante, comme celle que Jean-Philippe Morel aime projeter. Si vous souhaitez rester sur ce groove et filer à d’autres occupations, il suffit de faire un «fade out» à la troisième minute du titre. Mais si vous écoutez encore Mass Euphoria, sachez quand même que vous venez d’effectuer tout juste la moitié du chemin.

C’est le moment choisi pour asséner un solo de guitare sur une rythmique presque swing portée par Rafael Koerner. Le repos n’est que de courte durée. La basse réapparaît, encore plus menaçante. Elle est prête à tout balayer sur son passage. Le thème principal surgit enfin puis laisse sa place à un solo très Colemanien de Denis Guivarc’h. Vous trépignez et tout le monde jubile.
Il est grand temps de se quitter. Mass Euphoria semble se désagréger progressivement. Le silence est là. L’album s’achève. Profitez bien de quelques minutes au calme pour mesurer sa portée et sa force.

L’album NO MONTER est disponible ici

Duplicity ne fait pas dans la tendresse

L’introduction est totalement libre, un dialogue entre la basse et la batterie s’installe, et progressivement, la guitare et le saxophone s’invitent dans la discussion avec un groove répétitif et entêtant. La basse se fait autoritaire, le saxophone provoque tout le monde et la guitare qui tranche l’espace avec des coups secs et hachurés, est épaulée par un jeu de batterie saccadé.

Photo par Bryce Davesne
Photo par Bryce Davesne

Ici, point de lyrisme et de pathos, la musique est dure, acérée, et les oreilles non averties pourraient s’en trouver désemparées… Le Matthieu Rosso Red Quartet ne fait pas dans la tendresse.

4 étoiles jazz mgazine-jazzman NTout juste récompensé par « 4 étoiles JazzMagazine – JazzMan », l’album NO MONSTER présente «une musique sans concession, brutale et dynamique… elle est touffue, dense et en tension permanente, sans silence, ni lenteur, mais d’une énergie communicative…».

L’album NO MONTER est disponible ici

Insane Incorporated ou la transmission de pensées entre musiciens

Lorsqu’un musicien improvise, il se lance. Lorsque 4 musiciens improvisent en même temps, ils s’écoutent, se parlent, se renforcent et s’entraînent. Dans le cas présent, les auditeurs sont aussi concernés, jamais perdus, toujours rattrapés.

Insane Incorporated a été totalement improvisé en studio et figure sur l’album NO MONSTER. Les séances se passaient bien. Du coup, Matthieu Rosso Red Quartet en a profité pour s’accorder un moment d’entière liberté. Le résultat révèle tout à fait la force du quartet et souligne clairement les talents des instrumentistes.

Photo par Bryce Davesne
Photo par Bryce Davesne

Insane Incorporated a ensuite été reconstruit lors du montage pour lui donner une nouvelle narration. Tout d’abord, il faut créer une ambiance avec de la matière sonore. Des pointes de musique répétitive préparent le terrain d’une mélodie portée par le saxophone qui devient lui-même répétitif comme pour mieux passer le relais à la guitare puis laisser la main au collectif.

Chaque protagoniste est responsable du déroulement de l’histoire. Chaque décision individuelle participe à la dynamique commune. Vous ne trouverez pas dans Insane Incorporated de lourdes batailles d’ego qui finissent souvent par dérouter voire déranger. Ici, le sens de l’écoute est tel, que chaque changement d’ambiance semble prévu et écrit à l’avance, tant l’entente semble télépathique.
Une délicate basse conclut le titre puis résonne encore en nous malgré le silence présent.

L’album NO MONTER est disponible ici

Flexible est une véritable fresque baroque

«Flexible» est d’une incroyable modernité. Violent puis tendre, délicat et envoûtant, ce titre représente parfaitement le minutieux travail réalisé sur l’album NO MONSTER. De petits accents de rock progressif jaillissent mais la composition pourrait aussi satisfaire un «headbanger».

Sept minutes d’interpellations, d’explications, de disputes et de réconfort se succèdent. Matthieu Rosso Red Quartet partage ici généreusement sa liberté. Des boucles électroniques côtoient sans hésitation le sax chauffé à blanc de Denis Guivarc’h. La section rythmique (Rafael Koerner à la batterie et Jean-Philippe Morel à la basse) s’amuse avec la pulsation, semblant par moment la ralentir, ou au contraire, l’accélérer.
«Flexible» est une succession d’explosions sonores intemporelles. Imaginez Gong et Nirvana jouant dans un même espace !

Le compositeur-guitariste Matthieu Rosso présente un motif qu’il répète inlassablement comme pour nous hypnotiser. En fait, il le fait discrètement évoluer pour mieux se précipiter sur une improvisation effrénée. Et comme il est vraiment joueur, il répète de nouveau le thème, mais à l’envers. En un rien de temps, la conclusion est là. C’est à prendre ou à laisser et c’est sans concession !

«Flexible» est une fresque baroque. Tous les mouvements sont profondément exagérés, les effets sonores sont dramatiques, la tension est certaine mais variée. Elle est présentée sous plusieurs angles. L’expert y trouvera son compte et remarquera des détails, des subtilités, des complexités. Pourtant, et c’est aussi ce qui fait la richesse de l’album NO MONSTER et plus particulièrement du titre «Flexible», une personne non-initiée, qui pourrait se considérer comme étant «réfractaire» au Jazz, au Grunge ou au Rock Progressif, rebondira quand même d’une intrigue à l’autre. Cette musique est captivante. Elle fait évoluer ou du moins nous en donne l’illusion.

«Flexible» est une véritable fresque baroque disponible ici !

Pour mieux lire entre les lignes de No Monster

« NO MONSTER » donne son titre au 2ème album de Matthieu Rosso Red Quartet. Cette composition musicale proche des 8 minutes présente deux parties distinctes. Tout commence par un duo planant entre le saxophone de Denis Guivarc’h et la guitare de Matthieu Rosso. Les harmoniques sont délicatement exposées, peut-être pour mieux porter l’ensemble au bord de la saturation. La délicatesse est de mise mais la tension est réelle. Au bout de 2 minutes, une sirène proche d’un bourdonnement nous projette dans la seconde partie de « NO MONSTER ».

Le ciel pourrait s’assombrir mais le riff de guitare dédramatise immédiatement l’ambiance. Puis le saxophone joue la surenchère et prend la main.  Tout commence à s’amplifier. L’orage n’est pas loin. Pourtant, ici et là, le ciel est dégagé. Un double langage pourrait s’installer mais c’est sans compter sur la basse de Jean-Philippe Morel qui remet très vite l’ensemble sur une route commune. L’électronique pourrait facilement mettre tout le monde d’accord et nous propulser jusqu’à la fin mais les instruments reprennent le dessus et nous évite de tomber dans une facilité. Il y a quelque chose de faussement naïf. Ce qui est vraiment étrange, c’est que le riff de guitare nous a maintenant complètement entraîné et nous pouvons quasiment le chantonner, le répéter, le psalmodier… même en son absence.

À partir de cet instant, plusieurs thématiques s’enchaînent avec une grande fluidité, et alternent, ici encore, entre rigueur dans l’écriture, expérimentations harmoniques, et lyrisme exacerbé. Le tout est d’une simplicité évidente et subtile.
Le dialogue entre la guitare et le saxophone peut reprendre. Les notes jaillissent et tentent d’impressionner mais tout est cadré notamment par Rafael Koerner. Il dirige à la batterie. Les solistes  jonglent autour et proposent des figures périlleuses puis se retrouvent sur des passages plus apaisés.

L’album NO MONSTER est disponible ici

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