Vous pouvez dès à présent participer au projet. L’argent collecté servira à réaliser une édition CD de l’album car même si UP THE MISSISSIPPI sera disponible en streaming, c’est tout de même sympathique d’offrir un bel objet plutôt qu’une simple écoute généralement très compressée.
Pour 15 euros, vous aurez 1 exemplaire dédicacé de l’album UP THE MISSISSIPPI (Édition Limitée CD Digipack) et les frais d’envois postaux seront inclus. D’autres possibilités de participer vous sont offertes. Pour 200 euros, par exemple, vous aurez 2 exemplaires dédicacés de l’album UP THE MISSISSIPPI + 2 invitations à un concert organisé à Paris en 2018 + 1 beau tirage (57cm x 85cm sur carton plume 10mm) de « Wall of Leland – Mississippi » la photo d’Edith Gaudy qui illustre cet article (frais d’envois postaux également inclus).
Avec UP THE MISSISSIPPI, Jay nous fait découvrir un monde où la musique est souvent au centre de tout. Il réalise une parfaite synthèse de ses influences et résume en onze titres ce que toutes les personnes qui remontent le fleuve peuvent écouter. Si vous avez déjà fait le voyage, vous revivrez obligatoirement des moments forts. Si vous ne connaissez pas encore, UP THE MISSISSIPPI est une très bonne option pour imaginer et visualiser de nombreuses scènes de vie, des quartiers, des villes et surtout des gens.
Le thème central du concept, c’est le temps, le temps qui passe. TDAH est un triptyque, c’est une journée décortiquée en 3 temps, un peu comme le travail à l’usine, où il y a le chef de jour, le chef de soir et le chef de nuit. TDAH vol.1 est l’album de jour. J’avais une vingtaine de chansons en chantier et parmi celles-là, j’en ai sélectionné 8 qui semblaient plus être des thèmes ensoleillés, ou tout du moins, des thèmes diurnes. C’est un album qui est assez introspectif, je parle des relations, de l’amitié, de la société. Ce sont les sujets qui m’inspirent. Il y a un fil conducteur et pour l’unité, on y retrouve 3 pièces instrumentales, une variation sur un thème fort et des sonorités particulières. J’ai travaillé le tout avec Steve Cordeau qui passe ses journées à faire des bruitages et des ambiances sonores pour des productions audiovisuelles. Steve a grandement contribué à la réalisation de l’album notamment pour créer des paysages sonores et donner de la texture.
– Qu’as-tu ressenti la première fois que tu as entendu ton album entièrement finalisé ?
C’est assez compliqué de répondre à cette question car je l’ai produit moi-même : j’ai vraiment vu chaque étape de la conception. Ça m’a prit un certain temps pour avoir du recul puis de me dire que ça y est, cet album est dans l’univers. C’est un sentiment d’accomplissement malgré les incertitudes. Mais c’est cool et ça nous force à assumer les choix qu’on fait parce qu’une fois qu’on a placé l’arrangement, que c’est envoyé et que cette entité là existe, elle est diffusée dans toutes sortes de médias, puis c’est ce que les gens vont entendre. C’est l’idée qu’ils vont se faire de ma musique. À partir de là, ils viendront me voir en spectacle et je ferai des interprétations différentes. C’est un sentiment un peu bancal de fierté, de réflexion et ça donne hâte au prochain tour de piste.
Je travaille déjà sur le second volet, « TDAH vol.2 ». Dans le premier, TDAH signifiait « Tryptique d’Allan Hurd » et pour le prochain, cela signifiera « Treize Dactylo À l’Heure », parce j’aime beaucoup la dactylo. Luc De Larochellière travaille avec moi sur les textes. J’ai déjà une quinzaine de chansons en chantier et je suis en train de commencer la pré-production. J’aimerais, si possible, le sortir à l’automne 2018.
– Est-ce que tu connais la France ?
Je suis allé à Paris 3 fois. J’ai voyagé de haut en bas. Je suis également allé au Festival de Cannes pour un court métrage sur lequel j’avais fait la musique. Il y a aussi des enjeux politiques en Europe qui nous concernent, qui ont un impact sur nous. C’est un peu ça aussi que je connais de la France, un peu de politique. Et en musique, évidemment, on a nos monuments (Français) au Québec : Brassens, Ferré … J’aime bien Bénabar, j’aime bien ses textes, la légèreté de sa musique. Il y en a d’autres, mais j’aurais du mal à les citer. On a beaucoup de français qui sont venus habiter au Québec depuis quelques années, dont une chanteuse qui s’appelle Gaële, qui est absolument magnifique, qui est méconnue du public mais qui écrit des chansons extraordinaires pour elle et pour les autres… et puis j’habite sur le plateau Mont-Royal, c’est un peu la Nouvelle France.
– Quel est ton lien avec la France ?
La langue, d’abord et avant tout. J’ai récemment appris que mon nom de famille, HURD, est d’origine bretonne. Au départ, c’était L’HEARDE. Une partie de ma famille a immigré en Angleterre et les Anglais ne sont pas très friands des apostrophes et de «e» à la fin des mots. C’est donc devenu HEARD et quand cette branche là est arrivée au Canada, j’ai un ancêtre qui se faisait appeler HEERD et ce «ee» a été changé par un «u», ce qui a donné HURD. Donc c’est aussi un de mes liens avec la France.
– En français ou en anglais ?
Je viens d’une famille bilingue. Une partie de ma famille parle anglais, l’autre français. Pour écrire mes textes, j’ai privilégié le français. On entend beaucoup plus de chansons anglophones que de chansons francophones, alors j’ai opté pour le changement. Ensuite, j’aime beaucoup la littérature. Mais le coté littéraire et poésie française m’attire plus. « Coté écriture », je trouve ça plus joli.
– Est-ce que tu as déjà entendu parler des salles de concerts ou de festivals en France ?
Au Québec, on entend parler des salles de spectacles par nos confrères qui sont allés là-bas, on entend souvent parler de l’Olympia mais c’est la seule salle que je suis vraiment capable de nommer. J’ai très vaguement entendu parlé de La Nouvelle Scène et des Trois Baudets, mais c’est tout. Tout ce qui concerne le territoire français, c’est vraiment tout nouveau pour moi.
J’aimerais beaucoup faire un saut de l’autre côté de l’océan ! Pour tout te dire, cela ne m’avait pas vraiment traversé l’esprit jusqu’à ce que Juste Une Trace m’approche. Depuis, ça me trotte de plus en plus dans la tête, aller faire une tournée là-bas. J’ai commencé à mettre mon agent dans le coup.
– Et sur scène au Québec ?
J’ai fais une trentaine de spectacles en 2017, dans de petites salles comme Le Petit Bar et des Maisons de la Culture. J’ai joué dans un festival Country. Mon style n’est pas très Country, mais j’ai longtemps fait des reprises donc je m’en suis servi et puis j’ai joué mes compositions personnelles réarrangées l’occasion, je me suis mis un chapeau de cow-boy et j’ai fais le show comme ça. Au printemps dernier, j’ai aussi été ambassadeur du festival de Dégelis : j’ai joué dans des écoles, des bistrots, des micro-brasseries, un peu partout, des fois 4 spectacles par jour : intense mais vraiment très cool. J’ai la chance de pouvoir rejouer bientôt à la Place des Arts. J’aime la salle Claude Léveillée, c’est l’une des plus jolies salles de la place. C’est une petite salle où j’ai présenté TDAH vol.1. Elle était pleine et c’était vraiment très bien.
– Qu’est-ce qui a le plus changé sur la scène rock underground française au cours des 3 dernières décennies ?
Marco : En 30 ans, tout a été révolutionné dans l’hexagone. J’ai participé aux premiers concerts de groupes alternatifs organisés dans des squats dont ceux de Bérurier noir et Lucrate Milk. Je viens plutôt de cette scène punk. Et c’est clair qu’en 30 ans, le rock a explosé en France de façon incroyable. Il y a des labels partout, il y a de vrais tourneurs alors qu’il n’y en avait pas, les groupes se sont organisés, ils ont leurs propres structures. Maintenant ça reste toujours compliqué de faire des tournées sans nouvel album, notamment si on n’a pas une structure toujours derrière. Il y a 30 ans, on n’aurait jamais imaginé qu’un festival comme le Hellfest deviendrait aussi puissant. Maintenant, on a même le Download et de nombreux festivals, mais nous manquons de plus petites salles qui programment des groupes underground.
– Comment percevez-vous l’évolution de Treponem Pal ?
Polak : C’est un style de vie. Je suis arrivé sur Weird Machine donc je ne sais pas comment c’était avant mais je connaissais le passé du groupe qui était quand même un des précurseurs, c’était le précurseur de l’indus en France. Donc c’était un gros challenge pour moi de reprendre le truc et ça n’a été que du bonheur. Mais comme dit Marco tout ça c’est vraiment un style de vie.
Marco : C’est un style de vie, on s’accroche, c’est jamais facile, il faut toujours survivre aux aléas. Mais l’unité est là. J’ai toujours fait gaffe aux membres du groupe, à avoir des liens serrés et c’est le plus important. C’est moi qui tient la baraque si on peut dire, mais sans les autres, je n’existe pas. On a toujours fait attention à recruter des gens qui pouvaient comprendre l’esprit du groupe plutôt que de choisir de supers musiciens. Super musicien pour moi ça ne veut rien dire du tout. Le groupe qu’on a actuellement correspond tout à fait à Treponem Pal.
Polak : Le métal ou le rock, en France, tu ne peux pas vraiment en vivre tous les jours. Donc il y a des mecs qui n’arrivent pas à tenir et qui choisissent une autre vie, qui arrêtent la musique à un moment donné. Après c’est un choix personnel.
Marco : Voilà ! Il faut avoir la niaque, c’est de la rage tout simplement. C’est avoir la rage tout le temps, avoir quelque chose à éructer et avoir besoin de s’exprimer sur scène. La scène, c‘est le plus important, c’est clair et net.
Marco Neves – Treponem Pal – Photo Edith Gaudy
– Dans ROCKERS’ VIBES, on retrouve un certain nombre de covers, des titres que l’on pourrait croire éloignés de votre univers. Pourquoi avoir mélangé des reprises et des compositions originales pour cet album, et pourquoi ces reprises en particulier ?
Marco : Ces reprises en fait, ce sont des morceaux qui sont des classiques, et qui ne sont pas forcément dans ce qu’on appelle indus. Ce sont des standards de rock. Ma culture musicale est très très large. Reprendre par exemple Lee Hazelwood (crooner américain) me tenait à cœur. « Indian Reservation » de Don Fardon, c’est un tube que j’écoutais quand j’étais p’tit, que j’ai découvert grâce à mon père qui achetait des 45 tours. Le morceau est une vraie tuerie. Et puis « Are you Ready » de Thin Lizzy, c’est une autoroute rock’n’roll, ça nous tenait aussi à cœur de reprendre ce titre. Idem pour « Planet Claire », évidemment de Peter Gunn, qui est un monstre du rock’n’roll, avec une ambiance ténébreuse parfaite. Les morceaux qu’on a repris sont tous typés. Avec « I Need Lunch » des Dead Boys, hyper punk, on a une rage incroyable. L’album Rockers’ Vibes est un clin d’œil à tout ce qui nous a influencé, tout ce qu’on a aimé pendant 30 ans ou 40 ans.
Polak : Après faut savoir que Marco n’écoute pas que de l’indus toute la journée, il a une culture musicale de bâtard !
– À l’écoute de l’album, on imagine la dimension que pourrait prendre chacun des titres sur scène. On redécouvre notamment une version perfectionnée de « Planet Claire » (un titre que vous avez déjà interprété en live par le passé). Rockers’ Vibes a-t-il été réalisé dans l’optique de tourner ?
Marco : Oui, sur scène, on va jouer la moitié de l’album ROCKERS’ VIBES, des reprises et des nouveaux titres. Certainement « Fighter » qui ouvre l’album, « Silico’s Return » qui martèle et qui marque vraiment ce côté indus-punk qu’on a, un classique de Treponem Pal, vraiment classique. « Planet Claire », on le fera évidemment, c’est devenu un tube. Mais on joue aussi tous les classiques de Treponem Pal, « Pushing You Too Far », « Excess & Overdrive ». Ce sera un condensé de 30 ans.
– Quel impact a eu Treponem Pal sur vos vies ?
Marco : C’est un style de vie que j’ai depuis 1986. J’ai voulu faire ça, j’ai senti qu’il n’y avait que ça que j’aimais faire, et on a eu la chance de signer à l’époque sur Roadrunner Records, chose qu’aucun groupe n’avait eu la chance de faire avant. On était les premiers à être signés à l’étranger et à avoir une promotion à l’international. Je partais à New-York, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, pour donner des interviews. L’Europe était un vrai territoire pour nous. On a tourné pendant 10 ans, on avait un vrai public, et on a perdu tout ça quand on a signé en major. On a vendu le double de disques en France, mais on a perdu l’étranger. Ensuite, on a fait un break avec Elephant System, un side project qui a très bien marché. Et puis Treponem Pal est revenu en 2006. C’est là que Polak est arrivé. On a repris le chemin et la lignée dans laquelle on était, ça a parfaitement fonctionné.
– Avec 30 ans au compteur, ce sont les noces de perle que vous fêtez cette année ! Le secret de votre longévité ?
Marco : La rage au quotidien ! La rage au quotidien, celle d’être derrière un micro ou derrière une guitare. Polak : Faire de la scène ! Marco : Faire de la scène et faire vibrer le public. En général les gens se rappellent des concerts qu’on fait parce qu’on envoie et on diffuse une énergie assez intense – que certains ont du mal à supporter – mais c’est notre marque de fabrique quoi.
– Quel est le rôle de Jipouille de St-Loup au sein du groupe ?
Polak : On a enregistré tout Rockers’ Vibes chez lui, dans son studio. C’était très très cool de bosser avec lui. Marco : Jipouille fait partie du projet, il a aussi produit Survival Sounds. Je le connais depuis 30 ans. Il faisait partie de Naked Apes, un groupe influencé par Killing Joke et qui avait aussi signé sur Roadrunner un peu après nous. On a toujours eu un lien fort musicalement, on a les mêmes influences, même sur les reprises qu’on a faites et qu’il connaissait. C’est grâce à lui qu’on a pu produire cet album. Rockers’ Vibes sonne aussi puissamment parce qu’il a vraiment mis sa patte dessus à 100%. Jipouille était indispensable à la bonne réalisation de cet album.
– Un mot pour les fans ?
Marco : Keep the fire burning ! Qu’ils viennent toujours ! Qu’ils soient punks, gothiques, cyberpunks, métal, rock and roll, on a tous des esprits des plus ouverts. Toutes les tendances sont à nos concerts, et c’est ce qui nous fait plaisir. Que toutes les tendances continuent à venir nous voir et on sera les plus heureux du monde !