Juste une Trace

ACTUS

Putain de Guerre à Lucerne un vendredi 13 !

« … Dans quel état croyez-vous qu’on commençait une nouvelle putain de journée en première ligne, après avoir passé une nuit de plus au fond d’un abri humide et glacial, vautrés dans de la paille qui tournait en fumier, en compagnie des rats et des poux, dans la puanteur des pets, des pieds et des cadavres qui pourrissaient dehors ? … »

Le spectacle Putain de Guerre ! est à l’affiche du FUMETTO (Internationales Comix-Festival Luzern) vendredi 13 mars 2015 au Muzik Tanz Theatre Südpol.

TARDI et DOMINIQUE GRANGE sont accompagnés par les 5 musiciens d’ACCORDZÉÂM.

Le spectacle que nous produisons est composé de chansons, de lectures et d’images sur la Grande Boucherie de la 1ère Guerre Mondiale.

Dominique Grange chante ses propres textes, « Tu n’en reviendras pas » d’Aragon et Léo Ferré, des textes de Montéhus ou de Sébastien Faure, ceux de combattants anonymes comme « La Chanson de Craonne ».

Tardi pose sa voix avec une conviction sans artifices. Il dit des textes incisifs extraits de « Putain de guerre ! » , album réalisé avec l’historien Jean-Pierre Verney (éditions Casterman). Ses dessins sont projetés sur un grand écran et plongent les spectateurs dans une évocation puissante de la « Der des Ders », 1h30 d’une rare intensité.

Commandez et recevez une ÉDITION LIMITÉE de l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT. Vous y retrouverez les premières versions enregistrées des chansons du spectacle Putain de Guerre ! ainsi que des lectures de Tardi réalisées avant qu’il ne monte à son tour sur scène.

Putain de Guerre ! , c’est aussi un site indépendant porté par des hommes et des femmes. Il permet aux visiteurs de témoigner, transmettre des souvenirs de famille, des photos inédites retrouvées dans un grenier ou encore de pousser des coups de gueule pour dire « NON À LA GUERRE ! » par exemple. Ici, nul besoin d’être expert pour s’exprimer sur les horreurs de la guerre.

Duplicity ne fait pas dans la tendresse

L’introduction est totalement libre, un dialogue entre la basse et la batterie s’installe, et progressivement, la guitare et le saxophone s’invitent dans la discussion avec un groove répétitif et entêtant. La basse se fait autoritaire, le saxophone provoque tout le monde et la guitare qui tranche l’espace avec des coups secs et hachurés, est épaulée par un jeu de batterie saccadé.

Photo par Bryce Davesne
Photo par Bryce Davesne

Ici, point de lyrisme et de pathos, la musique est dure, acérée, et les oreilles non averties pourraient s’en trouver désemparées… Le Matthieu Rosso Red Quartet ne fait pas dans la tendresse.

4 étoiles jazz mgazine-jazzman NTout juste récompensé par « 4 étoiles JazzMagazine – JazzMan », l’album NO MONSTER présente «une musique sans concession, brutale et dynamique… elle est touffue, dense et en tension permanente, sans silence, ni lenteur, mais d’une énergie communicative…».

L’album NO MONTER est disponible ici

L’Hymne à l’amour … oui mais …

edith-piaf-Depuis 1950, année de son premier enregistrement, les interprétations se succèdent, en finnois, en russe ou en japonais, les paroles sont traduites « à toutes les langues », sans parler des myriades de versions en français, comprenant ici ou là, des adaptations des fois douteuses… En résumé, même si tout le monde le sait, L’Hymne à l’Amour est un grand classique d’Edith Piaf !

L’Hymne à l’Amour oui !!! Mais ici, dans la version jazzy présentée par Radiosax, vous n’entendrez pas les paroles (sauf si vous les chantonnez). L’Hymne à l’Amour par Radiosax est instrumental (et autorisé) !

Comme le dit Jean-Paul Mallet, l’arrangement, pour les 5 saxophonistes de la formation, « célèbre le bonheur et l’éternité de l’amour ». Voici donc une version « joyeuse et optimiste portée par le rythme de la biguine ».

Ce nouveau regard sur la chanson a été finement imaginé par Franck Steckar. Multi-instrumentiste, il joue avec de nombreux artistes depuis le milieu des années 80 (Nino Ferrer, Gilbert Laffaille…) et réalise des arrangements notamment pour Juliette.

Au fait, pour la petite histoire, en 1961, Marc Steckar (le papa de Franck) était au trombone dans le Big Band de Daniel Janin. L’orchestre jouait à l’Olympia et accompagnait quasiment tous les artistes… dont Edith Piaf.

L’HYMNE À L’AMOUR  par Radiosax est sur l’album « Chansons et Sons d’Anches »

 

Insane Incorporated ou la transmission de pensées entre musiciens

Lorsqu’un musicien improvise, il se lance. Lorsque 4 musiciens improvisent en même temps, ils s’écoutent, se parlent, se renforcent et s’entraînent. Dans le cas présent, les auditeurs sont aussi concernés, jamais perdus, toujours rattrapés.

Insane Incorporated a été totalement improvisé en studio et figure sur l’album NO MONSTER. Les séances se passaient bien. Du coup, Matthieu Rosso Red Quartet en a profité pour s’accorder un moment d’entière liberté. Le résultat révèle tout à fait la force du quartet et souligne clairement les talents des instrumentistes.

Photo par Bryce Davesne
Photo par Bryce Davesne

Insane Incorporated a ensuite été reconstruit lors du montage pour lui donner une nouvelle narration. Tout d’abord, il faut créer une ambiance avec de la matière sonore. Des pointes de musique répétitive préparent le terrain d’une mélodie portée par le saxophone qui devient lui-même répétitif comme pour mieux passer le relais à la guitare puis laisser la main au collectif.

Chaque protagoniste est responsable du déroulement de l’histoire. Chaque décision individuelle participe à la dynamique commune. Vous ne trouverez pas dans Insane Incorporated de lourdes batailles d’ego qui finissent souvent par dérouter voire déranger. Ici, le sens de l’écoute est tel, que chaque changement d’ambiance semble prévu et écrit à l’avance, tant l’entente semble télépathique.
Une délicate basse conclut le titre puis résonne encore en nous malgré le silence présent.

L’album NO MONTER est disponible ici

Que reste-t-il de nos amours ?

Il suffit de quelques notes pour reconnaître « Que reste-t-il de nos amours ? ». Charles Trenet a 29 ans lorsqu’il écrit cette chanson qui deviendra aussi un standard de jazz.

Trenet 1Nous sommes en 1942 et pour certains, la vie continue. C’est toujours particulier de découvrir que le « fou chantant », à l’occasion d’un concert en Allemagne, est resté seul « deux minutes avec Hitler ». Il dira « c’est là que je me suis aperçu que sa moustache ne poussait pas verticalement mais horizontalement »… Edith Piaf et Tino Rossi étaient aussi à l’affiche de ce concert.

Mais « Que reste-t-il de nos amours ? » est avant tout une ballade intemporelle, une merveilleuse chanson d’amour. Selon Boris Vian, « Les chansons de Trenet vieillissent admirablement parce qu’elles sont légères : gaies ou tristes, elles manifestent toujours le goût aérien qui est la marque du fou chantant. Rien en elles qui pèse ou qui pose – comment se laisseraient-elles atteindre par le temps ? » (juin 1954 – Arts n°469).

Avec délicatesse, profondeur et sincérité, Radiosax nous livre une version mélancolique de la chanson. Bien évidemment, les paroles sont absentes mais l’arrangement écrit par Philippe Chagne permet d’entrevoir l’ombre d’un crooner. À la fois graves et sensuelles, les notes se succèdent lentement et recomposent avec simplicité cette mélodie connue de tous. Les solistes sont Baptiste Herbin et Olivier Defays.

 Que reste-t-il de nos amours ?  par Radiosax est sur l’album « Chansons et Sons d’Anches ».

Flexible est une véritable fresque baroque

«Flexible» est d’une incroyable modernité. Violent puis tendre, délicat et envoûtant, ce titre représente parfaitement le minutieux travail réalisé sur l’album NO MONSTER. De petits accents de rock progressif jaillissent mais la composition pourrait aussi satisfaire un «headbanger».

Sept minutes d’interpellations, d’explications, de disputes et de réconfort se succèdent. Matthieu Rosso Red Quartet partage ici généreusement sa liberté. Des boucles électroniques côtoient sans hésitation le sax chauffé à blanc de Denis Guivarc’h. La section rythmique (Rafael Koerner à la batterie et Jean-Philippe Morel à la basse) s’amuse avec la pulsation, semblant par moment la ralentir, ou au contraire, l’accélérer.
«Flexible» est une succession d’explosions sonores intemporelles. Imaginez Gong et Nirvana jouant dans un même espace !

Le compositeur-guitariste Matthieu Rosso présente un motif qu’il répète inlassablement comme pour nous hypnotiser. En fait, il le fait discrètement évoluer pour mieux se précipiter sur une improvisation effrénée. Et comme il est vraiment joueur, il répète de nouveau le thème, mais à l’envers. En un rien de temps, la conclusion est là. C’est à prendre ou à laisser et c’est sans concession !

«Flexible» est une fresque baroque. Tous les mouvements sont profondément exagérés, les effets sonores sont dramatiques, la tension est certaine mais variée. Elle est présentée sous plusieurs angles. L’expert y trouvera son compte et remarquera des détails, des subtilités, des complexités. Pourtant, et c’est aussi ce qui fait la richesse de l’album NO MONSTER et plus particulièrement du titre «Flexible», une personne non-initiée, qui pourrait se considérer comme étant «réfractaire» au Jazz, au Grunge ou au Rock Progressif, rebondira quand même d’une intrigue à l’autre. Cette musique est captivante. Elle fait évoluer ou du moins nous en donne l’illusion.

«Flexible» est une véritable fresque baroque disponible ici !

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